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  <title>Debat Libre : le logiciel libre en questions</title>
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  <description>Debat Libre : le logiciel libre en questions. Projet collectif et pluridisciplinaire sur les logiciels libres. Rencontres et entretiens avec les intervenants et les acteurs de l'environnement de l'informatique. Publication de comptes-rendus et d'articles explicatifs.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 08 Feb 2012 21:51:40 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
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  <item>
    <title>Article : &quot;La maturité paradoxale du libre&quot;, Lettre d'Information de Sciences Pi, n°2, mai 2011</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2011/12/28/Article-%3A-%22La-maturit%C3%A9-paradoxale-du-libre%22%2C-Lettre-d-Information-de-Sciences-Pi%2C-n%C2%B02%2C-mai-2011</link>
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    <pubDate>Wed, 28 Dec 2011 01:28:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>En savoir plus</category>
        <category>droit d auteur</category><category>FSF</category><category>GNU GPL</category><category>logiciel libre</category><category>Philippe Marchiset</category><category>Sciences Pi</category><category>économie</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La deuxième lettre d'information de l'association &lt;a href=&quot;http://sciences-pi.fr/&quot;&gt;Sciences Pi&lt;/a&gt; contient un article sur le libre
rédigé par Philippe Marchiset, étudiant de la promotion 2010 et participant au
projet collectif &amp;quot;Débat libre&amp;quot;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://sciences-pi.fr/ressources/data/Lettre%20d'information/SciencesPI_mai_2011.pdf&quot;&gt;
La lettre d'information est accessible ici en format PDF.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Extraits : La maturité paradoxale du libre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Le logiciel est un bien particulier, tant au regard de l’économiste que du
juriste. Initialement pensé comme un bien public complémentaire du hardware, il
n’a cessé de se transformer en bien exclusif au gré de la standardisation et de
l’émergence de l’industrie logicielle. En effet, les années 1980 ont vu
l’émergence de licences restrictives et la fin progressive de l’accès naturel
au code source ; contexte dans lequel s’est construit le logiciel libre.
Richard Stallmann, créateur de la FSF (Free Software Foundation) en 1985, a
ainsi posé les jalons philosophiques et juridiques du mouvement ; comme en
atteste la publication en 1989 de la première licence GNU GPL (General Public
License) garantissant à l’utilisateur les quatre libertés. Quant aux bases
économiques et techniques du mouvement, elles se sont développées dans les
années 1990 autour du système d’exploitation Linux, et grâce à Internet. Ce
succès naissant s’est ensuite agrégé autour de programmes grand public, tantôt
le fruit d’entreprises jouant le libre par opportunisme, de communautés fortes
ou des structures nouvelles ayant le libre pour credo. En parallèle, la teneur
philosophique et politique du libre s’est dissoute dans un ensemble économique
plus vaste et mieux constitué.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire atteste que le temps des interrogations en cascade autour du
logiciel libre s’éloigne. Suite à l’étonnement initial, de nombreuses réponses
juridiques, économiques et politiques ont été apportées à un phénomène qui a
depuis, nettement dépassé le seul cadre de la programmation. Les
industries numériques, la création artistique et l’innovation scientifique sont
toutes plus ou moins touchées par ce phénomène d’ouverture et de mise à
disposition. Cependant, le succès dans ces filières est loin d’atteindre celui
acquis dans le domaine logiciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le modèle du libre a su se greffer à une économie logicielle bien
particulière (I), son exportation à d’autres territoires connaît en revanche un
succès moindre (II).&amp;quot;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Annonce : Les Rencontres Annuelles du Droit de l'Internet 2011</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2011/12/28/Annonce-%3A-Les-Rencontres-Annuelles-du-Droit-de-l-Internet-2011</link>
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    <pubDate>Wed, 30 Nov 2011 01:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>Evénements</category>
        <category>cloud computing</category><category>CNIL</category><category>données personnelles</category><category>propriété intellectuelle</category><category>responsabilité</category><category>sécurité</category>    
    <description>    &lt;p&gt;L'association &lt;a href=&quot;http://www.cyberlex.org/&quot;&gt;CyberLex&lt;/a&gt; organise
l'édition 2011 de ses Rencontres annuelles du droit de l'Internet le 5 décembre
2011 au Palais du Luxembourg à partir de 14 heures sous le titre
&lt;strong&gt;« Le Cloud computing : Ombres et Lumières sur l’Informatique
décentralisée »&lt;/strong&gt;. Pour débattre de ce thème aux problématiques à la
fois techniques et juridiques, trois tables rondes réunissant des associations,
professeurs de droit, avocats et responsables juridiques, acteurs et praticiens
du droit de l’Internet, se succèderont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1°) Données personnelles : « Fichiers, Cloud et Libertés...&amp;quot;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2°) E-commerce / Propriété intellectuelle : « In the Cloud for
Love »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3°) Responsabilité : Le Cloud, rêve ou cauchemar ?&amp;quot;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Un arrêt de la Cour d'appel de Paris sur la licence GNU-GPL</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/09/24/Un-arr%C3%AAt-de-la-Cour-d-appel-de-Paris-sur-la-licence-GNU-GPL</link>
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    <pubDate>Thu, 24 Sep 2009 16:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>En savoir plus</category>
        <category>contrat</category><category>Cour d appel</category><category>droit</category><category>GNU-GPL</category>    
    <description>    &lt;p&gt;La 10ème Chambre de la Cour d'appel de Paris a dans un arrêt du 16 septembre
2009 condamné une société qui n'avait pas respecté les termes de la licence
GNU-GPL. Les exemples de contentieux faisant intervenir des licences libres
sont suffisamment rares pour être soulignés. A plus forte raison lorsqu'il
s'agit d'une juridiction d'appel. Jusque là, on dénombrait quelques décisions
de juridictions de première instance, ainsi que des décisions de tribunaux
étrangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donné la particularité de ces licences, qui obligent à redistribuer
les versions modifiées dans la même licence, la réaction des juges à leur égard
est intéressante. Dans la &lt;a href=&quot;http://fsffrance.org/news/arret-ca-paris-16.09.2009.pdf&quot;&gt;décision&lt;/a&gt;, qui se
base principalement sur des conclusions d'expert, les juges ont relevé que la
société EDU 4 n'avait pas respecté ses obligations contractuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au delà des faits de l'espèce, il s'agit donc d'un précédent intéressant qui
ne peut inciter qu'à la vigilance lorsque les programmeurs, distributeurs et
assembleurs utilisent des codes informatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Marchiset&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La suite</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/08/25/La-suite</link>
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    <pubDate>Tue, 25 Aug 2009 23:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Les prochains articles sur Debat-Libre seront mis en ligne à partir de
septembre 2009.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Interview d'Alix Cazenave et Frédéric Couchet, APRIL</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/07/04/Interview-d-Alix-Cazenave-et-Frederic-Couchet-APRIL</link>
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    <pubDate>Sat, 04 Jul 2009 11:46:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>Intervenants</category>
        <category>APRIL</category><category>DADVSI</category><category>EUCD</category><category>FSF</category><category>HADOPI</category><category>liberté</category><category>lobbying</category><category>philosophie</category><category>politique</category><category>Richard Stallman</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/logo.png&quot; alt=&quot;logo&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;logo, juil 2009&quot; /&gt;&lt;em&gt;Promoteur et
défenseur acharné du logiciel libre depuis 1996, &lt;a href=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/07/04/www.april.org&quot;&gt;l'APRIL&lt;/a&gt;, Association pour la Promotion et la Recherche en
Informatique Libre constituée de 5227 adhérents, est depuis 1996 un acteur
majeur de la démocratisation et de la diffusion du logiciel libre et des
standards ouverts. Frédéric Couchet en est le délégué général ; il est
aussi vice-président de la Free Software Foundation France. Alix Cazenave est
chargée de mission et tout particulièrement responsable des questions publiques
et de communication institutionnelle.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Entretien réalisé le 21 avril 2009 au siège de l'APRIL. NB : Les
références à l'actualité, telles la loi HADOPI, sont à remettre dans le
contexte.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'April a pour objectif la démocratisation et la libre diffusion
des logiciels. Quelles sont les valeurs du logiciel libre ? Pour l'April,
le développement du libre serait donc avant tout un enjeu idéologique et non
pratique ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/./.49464-alix-cazenave-april_t.jpg&quot; alt=&quot;axc&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;axc, juil 2009&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Alix
Cazenave (AXC)&lt;/strong&gt; : Les valeurs du logiciel libre sont le partage
des savoirs et la citoyenneté numérique, soit la possibilité pour chacun d'être
maître de son destin dans le numérique. Pour cela il faut donner à tous les
utilisateurs le moyen de contrôler, plutôt que d'être contrôlé par leur
ordinateur. Cela touche donc à la fois l'aspect collaboratif, mais aussi la
capacité de contrôle. L'informatique est de plus en plus présent dans nos vies
et c'est pour cette raison qu'il est important de promouvoir et de démocratiser
le libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/./.fcouchet_t.jpg&quot; alt=&quot;fcouchet&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;fcouchet, juil 2009&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Frédéric Couchet (FC)&lt;/strong&gt; : Le
positionnement de l'April a toujours été avant tout philosophique et sociétal.
En revanche d'autres associations sont davantage portées sur les enjeux
techniques, marketing, juridiques, économiques ou politiques du libre. Comme la
recherche scientifique, l'informatique repose sur la connaissance et doit être
ouvert. Les impacts bénéfiques techniques ou économiques ne sont que des effets
de bord supplémentaires. A ce titre l'April s'inscrit davantage dans la lignée
de la tendance Free Software Foundation qu'Open Source.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Comment les droits d'un citoyen qui n'est pas informaticien
peuvent-ils être assurés ; sans connaissance, quel est le but de la
maîtrise directe de la machine ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FC&lt;/strong&gt; : Le principe du logiciel propriétaire est la
confiance à une entreprise qui vend une boîte noire. Il est impossible d'avoir
accès au fonctionnement du logiciel indépendamment de toute connaissance
informatique. Dans le cadre du logiciel libre, des entreprises ou des
communautés livrent des logiciels transparents où l'accès au code source est
garanti. Certes pour 90% des gens cela n'a pas grand sens, mais savoir que des
développeurs et des entreprises existent reporte la confiance sur un réseau
complet et non sur un seul acteur. Si il y a des failles dans un logiciel
libre, elles seront découvertes très vite. Dans des logiciels propriétaires
l'on n'apprend que bien après que des routeurs étaient pourvus de backdoors.
Avec le libre la confiance est démultipliée, répartie et repose sur une
approbation par les pairs qui peuvent être spécialisés en sécurité
informatique, en algorithme ou en protection de la vie privée. Également de
plus en plus les gens contribuent et apprennent à le faire. Cela peut se faire
sur des choses simples : traduire, répertorier un bug, faire des requêtes.
Le modèle repose sur les besoins des utilisateurs et non sur les besoins
économiques d'une société.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AXC&lt;/strong&gt; : L'existence d'une communauté et non d'une
société unique fait que la revue du code n'est pas guidée par un intérêt
particulier. Le logiciel libre repose sur un modèle où l'utilisateur est
beaucoup plus associé au développement du logiciel. Une telle approche permet
de mieux appréhender l'environnement informatique. Cela va inciter les
utilisateurs à avoir une meilleure maîtrise, chose qu'ils ne peuvent pas avoir
avec la boîte noire qu'est le logiciel propriétaire. Avec le libre,
l'ordinateur ne peut rien interdire à l'utilisateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Comment les hommes politique sont réceptifs à un tel discours,
auquel il paraît dur de s'opposer ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AXC :&lt;/strong&gt; &lt;ins&gt;Globalement dans la classe politique et au
niveau des pouvoirs politiques on peut distinguer 3 catégories de personnes
:&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Ceux qui ne s'en occupent pas pour diverses raisons&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ceux qui sont sur un modèle ancien, figé et conservateur. Ce qui ne vient
pas d'une entreprise porteuse de marque et conforme aux canons capitalistes
n'est pas porteur.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ceux qui voient qu'il y a de nouveaux modèles économiques viables et
actifs, et surtout qui comprennent ce que signifie vivre dans la « société
de l'information ».&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;On en revient donc toujours à une opposition entre économie de rente, usage
fonctionnel de l'ordinateur d'un côté et mise en avant du partage des savoirs
de l'autre côté. &lt;strong&gt;Il n'y a pas de clivage gauche – droite clair et net,
mais comme le logiciel libre bouscule les concepts, il est généralement plus
difficile pour une majorité de le soutenir que pour l'opposition. Curieusement,
il n'y a même pas de clivage générationnel.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FC :&lt;/strong&gt; À cela on peut rajouter que &lt;strong&gt;la logique globale
du logiciel libre, pourtant ancienne, est mal comprise&lt;/strong&gt;. Dans le
développement informatique, la légende voulait que pour réussir un vaste projet
il fallait une organisation détaillée et structurée de type cathédrale. Le
logiciel libre, qui s'est construit sur un modèle bazar de développement, a
surclassé le logiciel propriétaire. Avec l'arrivée d'internet, le libre arrive
à gérer des projets de taille monstrueuse supérieurs aux projets des
entreprises propriétaires. Le modèle du logiciel libre est donc clairement
celui de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est normal que les hommes politiques, qui ont prouvé leurs limites sur
les débats techniques et technologiques tels les brevets, DADVSI ou HADOPI,
soient en retard. On est dans une phase changeante, aggravée par la crise.
&lt;strong&gt;Il s'agit de montrer que le modèle d'entreprise propriétaire n'est pas
viable sur le long terme et surtout pas en informatique.&lt;/strong&gt; Avoir tout le
code dans les mains d'une seule entreprise n'est pas possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Qu'est ce que vous entendez par entreprise : est-ce une
structure fermée ou hiérarchisée ? Après tout dans le libre également il y
a une structure qui se constitue pour arbitrer des projets par
exemple.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FC :&lt;/strong&gt; Cela dépend des projets : certains sont à forte
verticalité ; mais elle est basée sur la compétence. Dans une entreprise
informatique, une SSII, souvent les chefs de projets ne comprennent pas
l'informatique. Cela génère des oppositions avec les développeurs et freine le
développement. &lt;strong&gt;Dans le monde du logiciel libre, cela va se faire au gré
des contributions et sur un critère fonctionnel. Dans un cas la hiérarchie sera
basée sur la compétence et sur l'apport, alors que dans l'entreprise cela se
fera sur son organisation interne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AXC :&lt;/strong&gt; Plus le projet est gros et plus le modèle bazar est
pertinent. Les meilleures contributions doivent émerger sans que la hiérarchie
arbitraire ne soit un obstacle. Dans le logiciel libre l'interaction se fait
entre les utilisateurs, les développeurs communautaires bénévoles et les
développeurs que des entreprises payent pour un projet précis. Tout cela
constitue l'écosystème du libre qui assure la pérennité du projet une fois que
l'entreprise n'est plus intéressée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Quelle est l'action concrète de l'April ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FC&lt;/strong&gt; : &lt;ins&gt;L'April a deux grands axes d'action
:&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;la promotion&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;la défense du logiciel libre&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'association a été crée en 1996 et seule la branche promotion
existait&lt;/strong&gt;. Nous visons en priorité les relais d'opinion (étudiants,
entreprises, journalistes, collectivités) ou les grandes structures (espaces
public numériques). Nous incitons ces relais ou leurs financiers à apprendre
l'informatique et non à utiliser directement des logiciels propriétaires. Pour
les actions de sensibilisation du grand public, cela peut se traduire par des
partenariats et des conférences en mobilisant les groupes d'utilisateurs
locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1999-2000 avec le Livre Vert de la Commission Européenne sur le
brevet logiciel a commencé l'activité de défense contre les projets menaçant le
libre directement ou indirectement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AXC :&lt;/strong&gt; Malgré tous ses avantages (souveraineté, indépendance
économique, maîtrise de l'environnement, liberté sans intrusion, bénéfice
sociétal, partage des savoirs) et son succès économique &lt;strong&gt;le logiciel
libre dérange, parce qu'il bouscule des modèles anciens générateurs d'argent et
de pouvoir.&lt;/strong&gt; Ainsi du jour au lendemain la directive brevets logiciels
apparaît, de même que la directive EUCD. Tout cela va contre la libre
circulation de l'information, favorise le contrôle de l'usage privé et tend
vers une recentralisation de la distribution de l'information. Le logiciel
libre est victime de cette volonté d'abolition du système pair à pair qui
constitue l'internet. L'ambition de contrôle affaiblit le libre et est en
contradiction avec ses valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DADVSI et EUCD vont au delà du contrôle commercial, elles visent le contrôle
de l'usage privé : empêcher l'information de circuler et les renvoyer à un
serveur distant. La plupart du temps ceux qui promeuvent ces lois sont pleins
de bonnes intentions telles que le respect des droits d'auteur. C'est la même
chose pour HADOPI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'opposition par rapport à la loi HADOPI se fait-elle sur une
base éthique ou y a-t-il de vraies menaces dans la loi pour le logiciel libre
?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AXC :&lt;/strong&gt; La loi HADOPI prévoit des mouchards filtrants pour
tous les citoyens titulaires d'un abonnement internet ; c'est
ontologiquement incompatible avec le logiciel libre. Du renvoi d'information
sans la volonté de l'utilisateur ne se fait pas avec du logiciel libre, c'est
contradictoire avec les droits conférés par la licence du logiciel libre
(exécuter, étudier, modifier, redistribuer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Au niveau européen, quel est le poids de l'April ? Toutes
les lois proviennent de directives, un positionnement européen ne vaudrait-il
pas mieux ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FC :&lt;/strong&gt; Dans l'absolu il faudrait être à la source. Cela
n'étant pas possible, il nous faut décider à quel niveau nous pouvons encore
être le plus efficace. Il nous paraît utile d'agir en France. Lorsque le
Conseil d'Etat nous donne raison, c'est que l'on peut encore jouer un rôle. La
mobilisation de l'opinion reste plus effective dans un cadre national. Pour le
reste nous sommes en contact avec d'autres associations. Cela ne nous empêche
pas de conserver &lt;strong&gt;l'objectif d'avoir 15000 membres et une dizaine de
permanents d'ici 5 ans.&lt;/strong&gt; Ce développement n'est pas absurde, le
développement de la mobilisation pour le libre se fait par paliers. Ce sont
d'abord quelques parlementaires qui nous ont aidé, puis l'opinion publique a
suivi. En 2005, l'April comptait 200 membres, aujourd'hui nous en avons
5000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AXC :&lt;/strong&gt; La mobilisation de l'opinion est importante car les
gens se rendent comptent que le numérique n'est pas virtuel ; cela permet
d'exercer de nombreuses libertés bien réelles : liberté d'expression,
droit à l'information, liberté de communication. Même si le numérique n'est pas
palpable, il peut y avoir une oppression. En Chine, les tentatives de filtrage
et de blocage sont basées sur la morale et des considérations politiciennes, et
non sur des questions d'ordre public ou de sécurité de l'État. Les dérives que
l'on se permet dans le numérique ne pourraient être accomplies dans le
réel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Comment êtes vous venus chacun au logiciel libre
?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FC :&lt;/strong&gt; J'ai un peu par hasard des études à l'Université Paris
VIII de Saint-Denis, je voulais faire des mathématiques et des sciences
sociales. Mais en fait il y avait une forte composante informatique. Nous
faisions de l'informatique sur des systèmes Unix sans restrictions utilisateur,
Windows était totalement banni. Puis un enseignant a fini par nous expliquer
que les logiciels que nous prenions d'Internet était libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Richard Stallman est venu à Paris VIII en 1991. On s'attendait à une
conférence technique et en fait il commence à nous parler de
liberté-égalité-fraternité&lt;/strong&gt;. Au fur et a mesure nous avons commencé à
comprendre les aspects sociétaux du logiciel libre. On a envoyé un mail à
Stallman. Depuis 12 ans je fais de la sensibilisation, de l'action politique
dans le sens «vie de la cité» et moins de technique et c'est ce qui
m'intéresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AXC :&lt;/strong&gt; Depuis moins longtemps, en 2005. J'ai un frère
informaticien qui fait du libre depuis une dizaine d'années. À cette époque je
travaillais avec mon père, alors député, qui s'était déjà intéressé à la
question des brevets logiciels. Nous étions déjà utilisateurs, mais je n'avais
pas encore mesuré la dimension sociétale du Logiciel Libre. Au moment de DADVSI
nous avons commencé à recevoir quelques mails très formatés, plutôt comme des
spams, à la permanence parlementaire ; puis nous avons reçu des mails
personnalisés à la rentrée 2005. Le message était toujours aussi complexe à
comprendre, mais avait pris une véritable consistance. Ça a tiré la sonnette
d'alarme. De là j'ai dévoré les dossiers : DRM, interopérabilité etc.
C'est là que j'ai compris la portée politique du logiciel libre et ce qu'il y
avait derrière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je suis resté en contact avec l'April que j'ai fini par rejoindre en
2007&lt;/strong&gt; pour faire cela à plein temps. Promouvoir et défendre le Logiciel
Libre est très motivant, car on peut défendre une vision de la société dans un
domaine encore peu prisé des politiques, tout en obtenant des résultats
concrets.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/07/04/Interview-d-Alix-Cazenave-et-Frederic-Couchet-APRIL#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Interview de Benjamin Jean, Linagora et Veni Vidi Libri</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/06/08/Interview-de-Benjamin-Jean-Linagora-et-Veni-Vidi-Libri</link>
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    <pubDate>Mon, 08 Jun 2009 21:30:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>Intervenants</category>
        <category>Affero GPL</category><category>compatibilité</category><category>Creative Commons</category><category>droit</category><category>Droit</category><category>FSF</category><category>gpl v3</category><category>musique</category><category>MySpace</category><category>responsabilité</category><category>SACEM</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/./.benjamin_jean_s.jpg&quot; alt=&quot;benjamin jean&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;benjamin jean, juin 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-top: 0;&quot;&gt;&lt;em&gt;Benjamin Jean a réalisé une thèse juridique en
2006 sur les licences libres sous la direction de Michel Vivant,
disponible &lt;a href=&quot;http://optionlibre.eml.cc/OptionLibre_CompatibiliteEntreContrats.pdf&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.
Il est chargé de mission à la Chaire de régulation de Sciences Po pour les
questions de propriété intellectuelle, animateur du site &lt;a href=&quot;http://www.venividilibri.org/&quot;&gt;Veni Vidi Libri&lt;/a&gt; et juriste chez
Linagora.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien réalisé le 10 avril 2009 au siège de &lt;a href=&quot;http://www.linagora.com/&quot;&gt;LINAGORA&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Comment avez-vous commencé à vous intéresser au logiciel
libre ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
Je me suis intéressé au Libre, avant même le Logiciel Libre, par le biais de la
musique : jeunes musiciens semi-pros, nous étions à la recherche de scènes
et concerts, et l'usage de licences libres nous affranchissait des
intermédiaires que sont les sociétés de gestion collective. Nous pouvions ainsi
diffuser plus largement, plus librement et surtout plus simplement nos propres
œuvres, et les organisateurs comme nous-mêmes y trouvions nos intérêts puisque
les recettes étaient partagées entre tous. Il faut admettre que les idées et la
« philosophie du Libre » restaient obscures à l'époque, mais, à y
réfléchir, nous partagions l'esprit sans l'avoir réellement conceptualisé.
&lt;p&gt;Sur un autre plan, il est intéressant de noter que les licences de l'époque
(en matière musicale) sont aujourd’hui presque toutes abandonnées aux profits
de deux écoles : les licences Creative Commons et la Licence Art
Libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Quel est l’avantage de ce système par rapport à
MySpace ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premièrement, MySpace n'existait pas encore. La question mériterait d'être
étudiée, mais je pense que c'est aussi cette absence ce qui permit/favorisa la
mise ne place, par les auteurs, d'un système de création – de gestion
individuelle – adapté à leur attente : l'usage de ces licences libres en
est le « contrat social ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxièmement, &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;MySpace est un système très centralisé, alors qu'a
contrario le principe du Libre est la décentralisation&lt;/span&gt;. Ici est donc le
point de rupture : l'intention du mouvement du Libre n’est pas de
contrôler, mais de partager. MySpace repose sur une logique d’accès et non de
téléchargement-redistribution : celui qui souhaite réécouter la musique
doit sans cesse revenir sur le site pour la réécouter. Si MySpace (seul
détenteur des droits) disparaissait, cette circulation cesserait, et il est
probable qu'une grande partie des titres ainsi accessibles seraient alors
perdus. Avec le Libre la plateforme importe peu (ce qui oblige ces dernières à
offrir sans s'arrêter de nouveaux services et fonctionnalités) et se
reconstituerait très vite (puisqu'elle n'aurait pas besoin d'obtenir d'accord
supplémentaire des auteurs – ces derniers ayant déjà contractualisé en usant de
licences libres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Libre a aussi l’avantage de rendre responsable les détenteurs de copie de
l’œuvre alors que les contrats MySpace n’engagent que les artistes (souvent à
leur désavantage) : les auditeurs ne sont plus seulement consommateurs,
mais aussi acteur – une dimension qui revêt une dimension d'autant plus forte à
notre époque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poussant la comparaison jusqu'à son terme, il serait possible de comparer
les deux systèmes de la sorte : Myspace a mis en place un système qui
regroupe en un lieu une multitude d'artistes épars (en mutualisant les
frais) ; le système des licences Libre multiplie ce schéma sur la personne
de chaque détenteur d'une copie de l'œuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Donc il y aurait une influence positive du libre sur la
musique ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les musiciens – non-millionnaires grâce à leurs ventes (et ils sont
peu) –, amateurs et/ou professionnels, l'usage de licences libres offre une
large diffusion de leurs œuvres et un public plus grand et étendu. La
rémunération n'est plus fondée sur une rente résultant de la
« location » de leur monopole, mais par d'autres moyens : les
concerts en premier lieu, mais aussi et surtout la valeur ajoutée associée au
support (coffrets à tirage limité, boitiers « de luxe », etc.). C'est
donc cette nouvelle rareté, non artificielle, qui génère la valeur (d'autant
plus que la libre diffusion de sa musique par l'auteur est aussi un outil
promotionnel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une réelle volonté de la part des auteurs de changer de façon de
penser, de changer de paradigme, de système, afin de trouver un autre équilibre
qui leur correspondrait plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Ces licences sont utilisées par deux types d’artistes :&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Certains pour qui le système actuel n'est pas optimal, car ne générant pas
de revenu suffisant : ils usent alors du Libre par opportunisme ou par
conviction. Des problèmes peuvent surgir lorsqu'ils souhaitent diffuser
certaines œuvres sous licences libres tout en confiant le reste de leur
répertoire à la SACEM – ce que les statuts de cette dernière rendent impossible
(la SACEM conservant une logique d'exclusivité : tout ou rien). Cette
pratique fonctionne en ce qu'un acteur la tolère, mais cette situation n’est
pas pérenne ; rien n'empêche la SACEM (ou tout autre titulaire de droits
du même acabit) de se retourner contre les diffuseurs et détenteurs de copies
(tout à fait ignorant de ces problèmes).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;D'autres ont des pratiques et des usages par essence collaboratifs pour
lesquels le système actuel entourant la propriété intellectuelle s'avère
inadapté. Il s'agit alors d'une véritable pratique artistique, discriminée par
ce qu'elle renverse les frontières traditionnelles du droit d'auteur en
autorisant massivement la modification, la redistribution, et la reexploitation
(on retrouve fortement cette orientation dans la licence Art Libre –
contrairement aux licences Creative Commons plus traditionnelles dans leur
rédaction).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La multiplicité des licences libres n’est-elle pas de nature à
créer une illisibilité juridique ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, je crois que les éditeurs traditionnels mettent la barre
haute en matière d' « illisibilité juridique » : lisez par
exemple les licences logicielles qu'ils imposent... En matière de licence
libre, la différence majeure est que les utilisateurs se voient offrir des
droits étendus – ce qui implique, à mon sens logiquement, la lecture
attentivement des contrats qui en fixent les modalités (lecture qu'ils n'ont
pas dans les contrats traditionnels qui les excluent de tout rôle
d'« exploitant »). Par ailleurs, ce monde est encore jeune et fait
face à un défit nouveau : les créations soumises à ces licences
s'assemblent, se mélangent et se fondent les unes aux autres (généralisant une
pratique d'œuvre collaborative jusqu'alors marginale). &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;Les licences intègrent donc la
nécessité d'une reconnaissance mutuelle, d'une interopérabilité, et d'une
création plurale&lt;/span&gt; – tous ces éléments compliquent parfois, il est vrai,
la lecture (à l'inverse, les licences traditionnelles ne se préoccupent pas de
ces derniers points puisqu'elle ne cherche pas à permettre de quelconques
mutualisations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les licences sont habituellement rédigées par des personnes
conformément à leurs propres besoins : comment imposer à d'autres auteurs,
avec potentiellement des aspirations différentes, de réutiliser les termes
d’une licence qu’ils n’ont pas rédigé, ne contrôlent pas, et &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;in fine&lt;/span&gt; ne leur
corresponde pas. Il arrive même que des licences soient manipulée sans qu'il en
soit mesuré la juste portée (ce qui est, il faut l'avouer, peu utile) :
par exemple, la GNU Free Documentation licence, utilisée par Wikipedia, a
rarement été respectée dans ce cadre (les utilisateurs considérant – avec
raison – que le formalisme imposé par cette licence n'était adapté à leur
utilisation : difficile de joindre les 10 pages de licence, de nommer
l'intégralité des auteurs pour une page qui en contient des centaines, et/ou de
respecter les « sections invariantes » stipulées par ces derniers).
Ce comportement (qui préjudicie à la crédibilité des licences) a motivé le
changement de licence pour Wikipedia (au profit de la CC-By-SA 3.0).
&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;De la même façon,
d'autres intérêts industriels postérieurs ont donné naissance à des licences
plus adaptées au monde de l'industrie et à certains business model&lt;/span&gt;
(Netscape devenu Mozilla en fournit une parfaite illustration avec ses licences
modulaires – ces dernières favorisant l’émergence d’un noyau logiciel/corps de
projet central sur lequel viennent se greffer différents modules
communautaires/propriétaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la prolifération des licences a aussi un effet très positif puisque
l'on s'aperçoit que, si elles sont multiples, elles se rejoignent toute autour
d'une définition commune du Libre : ainsi, alors qu'il était auparavant
nécessaire de vérifier systématiquement les droits et obligations de chaque
licence, le consensus est tel que l'on sait facilement si une licence est libre
ou open source. Il suffit donc de distinguer les licences par leurs différences
en terme d'obligations. &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;À ce sujet, les licences ne contraignent pas les
utilisateurs lambda finaux, mais seulement les développeurs et
exploitants&lt;/span&gt; – qui devront se pencher sur les licences utilisées afin
d'évaluer les problématiques adressées (clauses sur les brevets, marques,
termes additionnels, etc.) et les conditions d'utilisation de la licence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seuls éléments qui ont longtemps manqué au monde des licences –
manquement aujourd'hui presque comblé – sont : l'harmonisation des termes
et du vocabulaire, la vision globale de leur interopérabilité, et peut-être une
évolution de ces dernières plus proche des communautés utilisatrices (rappelons
tout de même que le rédacteur de la licence n'est bien souvent pas partie au
contrat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Finalement, on se rapproche d’une problématique juridique :
faire un droit très général avec des exceptions ou plus complexe et donc plus
flexible…&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui on constate que les licences s’inspirent mutuellement. Cela
favorise l’émergence d’une vision plus globale et aussi de licences qui
n'imposent pas la redistribution sous leurs termes exacts, mais sous toute
autre licence ayant les mêmes objectifs (l’essentiel étant alors que la licence
utilisée confère les mêmes droits et obligations qu’une autre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une illustration assez symptomatique : avant, il était impossible
d'accommoder la GNU GPL, elle devait être utilisée telle que ou pas du tout.
&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;Désormais la nouvelle
version de la GNU GPL (v3) permet l’ajout de permissions additionnelles et/ou
de termes supplétifs&lt;/span&gt; : ainsi, on peut avoir sur certaines briques
des obligations en matière de marques, sur d'autre des obligations quant à la
mention de la paternité, encore d'autres le Saas ou les brevets, etc. Sans
doute juridiquement plus complexe, la solution supprime néanmoins l'exclusivité
et l'intransigeance qu’avaient l'ensemble des licences avec effet copyleft
jusqu'à peu : la liberté reste pérenne (sorte de socle minimal), tout en
acceptant quelques permissions et obligations supplémentaires (de faibles
importances).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Donc les partisans les plus ardents du libre ont fini par
prendre en considération ce blocage à terme qui allait se poser entre toutes
ces licences ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont été contraints et forcés de le faire (ils n'auraient d'ailleurs plus
de légitimité s'ils ignoraient les intérêts des créateurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, et même si les derniers efforts réalisés sur la GPLv3 ont résout
une partie des incompatibilités liées à l'usage de briques sous licence libre,
l&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;a FSF ne conserve
pas moins une visée hégémonique vis-à-vis de ses licences : l'objectif
reste de tout faire passer sous GPL quitte à avoir quelques dérogations sur
certaines parties du logiciel.&lt;/span&gt; À l'inverse, d'autres licences sont plus
permissives : tout en étant copyleft, elles vont autoriser l’utilisation
d’autres licences dès lors qu'elles assurent les mêmes libertés à
l'utilisateur : par exemple, une compatibilité réciproque a été conçue
entre les licences Creative Commons By-SA 3.0 et Licence Art Libre 1.3, de
façon à permettre le passage de l’une à l’autre (seule manque une validation du
schéma du côté Creative Commons).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;Ces « accords
de réciprocité », tout à fait bénéfiques, sont à distinguer de la
compatibilité expresse qui continue d'exister dans d'autres licence&lt;/span&gt;s (et
qui est, elle, une concession du rédacteur : le contenu sous licence
CeCILL peut être distribué sous GPL ; celui sous licence EUPL sous 6
autres licences ; etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La plupart des licences libres comportent une clause limitative
de responsabilité, est-ce réellement un risque d’insécurité
juridique ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Primo, toutes les normes juridiques sont à prendre en considération. En
effet, il n’y a pas que le droit de la propriété intellectuelle qui trouve à
s’appliquer : les droits des obligations, de la consommation, etc., civil
ou communautaire, sont aussi directement concernés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secundo, c'est une pratique habituelle en matière de licences de
logiciel : elles ont toutes pour ambition de limiter au maximum
responsabilité et garantie des titulaires de droits (les licences propriétaires
excluent aussi très souvent ces dernières). Ainsi, que l'on parle de logiciel
Libre ou propriétaire, les règles appliquées par le juge resteront les mêmes
(notamment : validités entre professionnels de mêmes spécialités, nullité
pour les autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Vous dites dans vos travaux que l’on tolèrerait plus facilement
les exclusions de garantie de la part des créateurs individuels mettant
gracieusement à disposition un logiciel.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'un avis, mais je pense effectivement qu'un juge aurait ce
raisonnement, simplement inspiré du bon sens : lorsqu’un individu met
gracieusement à disposition un logiciel sans aucune contrepartie il est plus
difficile de lui imposer un quelconque engagement. Certaines licences
différencient ainsi la responsabilité des sociétés qui exploiteraient le
logiciel sous licence libre de celles des individus qui mettent ce dernier
gracieusement à disposition. Par ailleurs (et plus juridiquement) lorsqu'un
individu met gracieusement ses créations à disposition, il ne s'agit ni d'une
vente, ni d'une location ou d'un autre contrat similaire, dispensant ainsi du
formalisme rigide qui les accompagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l'inverse, lorsqu'une entreprise est intermédiaire (intégratrice de
Logiciel Libre, Prestataire à base de Logiciels Libres, etc.), on s'aperçoit
que la réalité du commerce et des négociations faites aboutit bien souvent à ce
que l'intermédiaire offre de nombreuses garanties conventionnelles
supplémentaires à la demande du Client.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Dans votre mémoire en 2006 vous écriviez que la multiplicité des
licences créait un effet sous optimal sur l’efficacité économique du libre,
comment cela a évolué ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bon sens. Par l'attitude des utilisateurs de licences libres qui
distribuent plus facilement sous licence multiple lorsque possible et par le
comportement des rédacteurs de licences qui commencent enfin à s’entendre et à
collaborer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leur part, les entreprises adoptent majoritairement des licences
favorisant des combinaisons de briques logicielles : soit très permissives
(comme Google qui a mis Androide sous Apache) ; soit modulaires qui
facilitent les créations du même type (la redistribution du tout étant alors
toujours possible, même si elle nécessite parfois de licencier le tout sous de
multiples licences). Il s'en suit une multiplication des licences, et donc un
effort dans leur recensement et analyse, mais la résolution contractuelle des
incompatibilités est pour sa part grandement simplifiée (l’analyse s'opère
fichier par fichier et, en cas d’incompatibilité, il suffit de recoder les
fichiers concernés). En revanche au niveau communautaire, c’est plus compliqué
et les solutions se prennent généralement au sommet – sachant que les
structures sont souvent peu enclines à faire des concessions. Des discussions
existent par exemple entre la FSF, Creative Commons et le Collectif Libre Accès
(Licence Art Libre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin de nouvelles licences et systèmes ont émergé. L’Affero GPL appréhende
les usages par réseau et représente ainsi une évolution pour ces deniers (ce
n'est plus seulement le détenteur d'une copie qui bénéficie des libertés
assurées par la licence, mais aussi tout détenteur – sont directement concerné
les logiciels utilisés en SaaS et en réseau). J'ajourerai que l'on constate un
glissement au sein des licences : si la LGPL tend vers la GPL, la GPL tend
aujourd'hui vers l’Affero GPL. Tout semble indiquer la présence d'une ambition
« politique » consistant à tout faire migrer vers l’Affero GPL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le but pour la FSF est-il toujours de mettre toutes les autres
licences sous son giron ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;Sous réserve de ma
compréhension de ses objectifs, je crois que la FSF veut simplement que Le
Logiciel Libre s'impose au logiciel propriétaire. L'usage de la propriété
intellectuelle n'est qu'un pis aller temporaire, l'utilisation d'un système
imparfait pour aboutir aux effets souhaités.&lt;/span&gt; Ainsi, si la FSF avait
estimé l'existence d'autres licences nécessaires, elle les aurait elle-même
rédigées : d'où sa conception assez hégémonique en matière de licence, et
sa position vis-à-vis des autres licences qui ne peuvent être envisagées qu'à
l'aune de leur compatibilité avec la GPL (alors même que l'on pourrait se poser
la question inverse).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Interview de Nicolas Julien, Ingénieur et Economiste</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/05/20/Interview-de-Nicolas-Julien-Ingenieur-et-Economiste</link>
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    <pubDate>Wed, 20 May 2009 10:33:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>Intervenants</category>
        <category>analyse économique</category><category>business model</category><category>coût</category><category>indicateurs</category><category>plates-formes</category><category>utilité</category><category>économie</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/Nicolas_julien.jpg&quot; alt=&quot;nicolas julien&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;nicolas julien, juin 2009&quot; /&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www-eco.enst-bretagne.fr/Membres_enstB/nicolas.html&quot;&gt;Nicolas Julien&lt;/a&gt;
est chargé de recherche au département économie et sciences humaines de
&lt;a href=&quot;http://www-eco.enst-bretagne.fr/&quot;&gt;Télécom Bretagne&lt;/a&gt; ainsi
qu'animateur du réseau &lt;a href=&quot;http://www.marsouin.org/&quot;&gt;MARSOUIN&lt;/a&gt;.
Ingénieur de formation, et docteur en économie depuis 2001, il a soutenu une
thèse sur l'Impact du logiciel libre sur l'industrie informatique.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Entretien avec Nicolas Julien réalisé le 30 avril 2009 à Paris&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comment vous êtes vous intéressé au logiciel libre
?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont mes amis à l’école d’ingénieur qui m’y ont initié. J’avais comme
projet de faire une thèse sur l’économie d’Internet en 1996-1997. C’était donc
un sujet de curiosité et non un besoin pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Parler d’économie du logiciel libre a-t-il un sens
?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Il y a différents angles d’attaque :&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Si la question est de savoir si l’analyse économique s’applique à la
filière du logiciel libre, la réponse est positive. Le libre n’est jamais
qu’une branche d’une filière.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ensuite il est possible d’analyser les business models : comment les
entreprises s’organisent, que font-elles lorsqu’elles utilisent du logiciel
libre ? C’est donc plus proche du marketing que de l’économie.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On peut également s’intéresser aux individus et à leurs incitations à
utiliser un logiciel libre. Cela passe par la définition des utilités qu’ont
ces individus calculateurs.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;A mon niveau, j’utilise la théorie économique pour expliquer l’engagement
des individus et des entreprises dans le logiciel libre. Cela passe par la
compréhension des business models mis en place ainsi que leur cohérence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;A partir de ces business models, comment gagne-t-on de l’argent
dans l’économie du libre ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Pour étudier cette question il faut distinguer trois métiers
:&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;de &lt;strong&gt;service&lt;/strong&gt; : la traduction technologique d’un
besoin&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;d’éditeur de &lt;strong&gt;produits&lt;/strong&gt; : la vente de logiciels
spécialisés (jeux, solutions pour entreprises…)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;de constructeur de &lt;strong&gt;plates-formes&lt;/strong&gt; : la fourniture de
logiciels&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Ainsi trois visions du logiciel libre sont possibles. Dans chaque cas,
la façon d’utiliser le libre et de coopérer avec la communauté diffère
:&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le cas d’une entreprise de &lt;strong&gt;services&lt;/strong&gt; venant voir une
entreprise ayant des besoins informatiques. Ce sont par exemple Cap Gemini ou
IBM services qui ont de multiples compétences, installent le nécessaire et
répondent aux besoins. Leur compétence réside dans la compréhension des
différents métiers et dans la maîtrise des technologies. A leur niveau, le
logiciel libre ne représente qu’une bibliothèque logicielle dans laquelle ils
piochent. Le recours au libre ou à des briques n’est qu’une option. Cela dit
c’est un montage complexe et plus le degré de technologie est élevé, plus
l’entreprise aura intérêt à participer au processus.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L’entreprise qui fabrique des &lt;strong&gt;produits&lt;/strong&gt; : MySQL est
spécialisé dans une technologie et ses utilisateurs peuvent avoir des besoins
précis ou d’assurance. C’est un métier classique d’éditeur dans le fond :
édition, maintenance, organisation d’une communauté pour avoir des retours. Le
libre facilite les contributions et l’entreprise, en arbitrant, gère ce
processus d’édification du logiciel. Il existe un continuum entre les
entreprises de services et les éditeurs.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Enfin le constructeur de &lt;strong&gt;plates-formes&lt;/strong&gt; est un peu
différent, car un logiciel requiert des agrégations de logiciels. C’est un
véritable écosystème de logiciels qui fonctionnent ensemble : système,
suite bureautique etc. La garantie de l’ensemble (assistance, adaptation aux
besoins et assurance) et son évolution sont la base du modèle. Le libre permet
d’externaliser l’intégration : un fabricant MySQL va s’occuper du paquet
sur Red Hat, libre ensuite à Red Hat de proposer une version finale.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Des entreprises ne peuvent-elles faire que du libre - par idéologie
en quelque sorte ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, &lt;strong&gt;la question propriétaire ne veut rien dire, la question
pertinente est celle de la rémunération.&lt;/strong&gt; Economiquement, vendre un
logiciel avec un abonnement de maintenance sur 3 ans équivaut à vendre une
licence de logiciel valable 3 ans avec une garantie de maintenance. Dans un cas
est vendu un logiciel avec une garantie de maintenance et dans l’autre une
garantie de maintenance. Finalement ce que le client achète est la possibilité
d’utiliser le logiciel et la garantie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le libre est un phénomène de licences, mais il s’agit avant tout
d’une organisation de production, une relation avec l’utilisateur et le client,
ainsi que des stratégies de plus en plus complexes de vente de services ou
d’une partie du produit. Et à l’inverse, un marché trop étroit va favoriser la
diffusion en propriétaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir à la question, peut-on avoir des entreprises qui ne font que du
libre ? C’est à mon avis très difficile. Un éditeur de logiciels libres
peut ne faire que du libre : Zope par exemple. A contrario une entreprise
de services va avoir du mal à ne pas se plier aux souhaits de ses clients qui
peuvent vouloir du Windows. En fin de compte cela n’a pas grand sens ; la
mise en pratique de tous ces débats de propriété intellectuelle via des
stratégies de valorisations affine toujours les contrastes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Qu’est ce qui justifie économiquement que des utilisateurs
professionnels migrent vers des solutions libres ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’abord il faut resituer le logiciel libre dans ce qu’il est. Derrière le
discours libéral, existent des professionnels de l’informatique qui ont des
problématiques avancées. Lorsque Richard Stallman dit que le logiciel libre est
la liberté d’information, il le pense, mais ce n’est pas fondamental. A
l’inverse Linus Torvalds dit que le libre est techniquement meilleur parce
qu’il est ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Historiquement, les communautés de logiciels libres sont les mieux
organisées et les plus habituées à produire coopérativement, ouvertement et à
moindre coût.&lt;/strong&gt; L’arrivée d’Internet, basé sur le libre, a permis à ces
communautés de mettre en avant les bénéfices de leur modèle. En parallèle les
entreprises ont constaté les intérêts supplémentaires du libre : nouveau
modèle d’organisation, indépendance par rapport aux fournisseurs de
technologie, adaptation aux besoins plus fine et à un coût inférieur. Enfin le
business constitué autour du libre, notamment autour des services, a fini par
se greffer sur cette diffusion lente et sans trop de moyens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Comment peut-on quantifier cette progression du libre, y a-t-il
des indicateurs valables ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;C’est extrêmement difficile d’avoir des indicateurs valables et cela
pour plusieurs raisons :&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;D’abord les entreprises qui font du libre ne sont pas une catégorie de
l’INSEE.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Au niveau des utilisations parle-t-on de chiffre d’affaires régénéré ?
Ce sont souvent des stratégies mixtes et il s’agit d’une prestation complète.
Dissocier ce qui relève du libre est extrêmement difficile. Même savoir quelles
technologies sont utilisées dans les entreprises est complexe : des
logiciels ou technologies peuvent être employées en sous-marin.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On peut se fier à des indicateurs secondaires : nombre d’articles dans
la presse spécialisée ou grand public, mais c’est imprécis et ne rend compte
que de l’importance culturelle du phénomène.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ensuite des cabinets de conseil qui vont interroger les grands comptes et
analyser leur stratégie.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;strong&gt;La crise peut-elle être une opportunité de développement pour
l’économie du logiciel libre ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est difficile de répondre. Si il n’y a que le prix, l’exemple des Netbooks
montre que les entreprises privées savent répondre en baissant leurs prix.
&lt;strong&gt;L’argument prix ne justifie pas l’utilisation des logiciels
libres&lt;/strong&gt;. Qui plus est le coût des licences est souvent assez faible
dans un Total Cost of Ownership (TCO). Les arguments doivent donc être
qualitatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant les entreprises seront plus sensibles à leur projet informatique
et seront plus disposées à discuter des possibilités, sans pour autant changer
fondamentalement la donne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Quel avenir peut-on dresser pour le logiciel libre ? Vous
venez de dire que la distinction entre libre et propriétaire était
économiquement peu pertinente, qu’en est-il lorsque l’on dresse les
perspectives d’évolution globalement ou par secteurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut réfléchir en termes de produit et d’effet réseau. En raison des
rendements croissants d’adoption, sur certains domaines il y a peu de
plates-formes qui se maintiennent. Déjà Linux et Free BSD ont marginalisé les
Unix privés. Donc à terme sur les Unix il va rester Linux, BSD sur les niches
technologiques et puis Windows à peu de choses près.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur les secteurs où il y a des technologies avancées, des effets de
réseau forts et une innovation constante, le logiciel libre va
s’imposer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine des jeux, le libre ne perce pas. D’une part il y a plus
d’utilisateurs que de membres de la communauté ou d’utilisateurs experts.
D’autre part il n’y a qu’un faible intérêt à créer des innovations propres au
programme, bien que l’on puisse ajouter des scenarii. Le libre est donc
favorisé par la possibilité de sous-traiter ou d’externaliser certaines parties
du logiciel, il faut donc distinguer par marché.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/05/20/Interview-de-Nicolas-Julien-Ingenieur-et-Economiste#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Interview de Michel Vivant, agrégé des Facultés de Droit</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/04/30/Interview-de-Michel-Vivant-agrege-des-Facultes-de-Droit</link>
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    <pubDate>Thu, 30 Apr 2009 09:34:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>Intervenants</category>
        <category>droit</category><category>idéologie</category><category>propriété</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/MichelVivant.jpg&quot; alt=&quot;MichelVivant.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;MichelVivant.jpg, mai 2009&quot; /&gt;&lt;em&gt;Agrégé des Facultés de Droit, Michel Vivant
a rejoint en 2007 l’Institut d’Etudes Politiques de Paris après avoir enseigné
plusieurs années à l’Université de Montpellier 1 où il occupa les fonctions de
doyen de la Faculté de Droit et d’Economie et de vice-président de l’Université
et où il assumait la direction du Master « Droit des Créations
immatérielles » qu’il avait fondé. Il est désormais responsable de la
spécialité « Propriété intellectuelle » du Master « Droit
économique » de Sciences Po Paris. Michel Vivant allie ses activités
académiques à une activité pratique de conseil, notamment au sein du &lt;a href=&quot;http://www.gillesvercken.com/&quot;&gt;Cabinet Gilles Vercken&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Il est
responsable et coauteur de plusieurs chroniques sur le droit des propriétés
intellectuelles au JCP et à la revue « Propriétés intellectuelles ». Il
vient de publier &lt;a href=&quot;http://boutique.dalloz.fr/Produit.aspx?ProduitID=707098&quot;&gt;un nouvel ouvrage
consacré au Droit d’auteur&lt;/a&gt; avec Jean-Michel Bruguière aux Editions
Dalloz.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien réalisé le 7 avril 2009&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Classer le logiciel libre dans le droit d’auteur relève, selon
vous, d’une conception « bizarre » de la
littérature.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le logiciel dans le droit d’auteur a été le « loup dans la bergerie ».
Le logiciel libre est un objet qui ne correspond pas à la logique
traditionnelle du droit d’auteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;D’où vient la contradiction ? Le logiciel est pourtant codé
et rendu intelligiblepar des personnes .&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais ce n’est pas l’intelligibilité qui fait le droit d’auteur. Le
droit d’auteur classique doit &lt;strong&gt;s’adresser à quelqu’un&lt;/strong&gt;. L’œuvre
s’adresse à la personne. Il ne s’agit pas simplement que l’objet soit lisible
ou non car nous pouvons considérer qu’une partition n’est lisible que par des
gens qui savent lire : reste que l’œuvre musicale est accessible à
quiconque peut entendre le son. Le logiciel s’adresse à une machine et non pas
à une personne, c’est un objet fonctionnel. Par ailleurs, dans la logique du
droit d’auteur classique, il y a l’idée &lt;strong&gt;d’empreinte de la
personnalité&lt;/strong&gt; selon laquelle l’auteur est entièrement présent dans son
oeuvre comme Picasso dans &lt;em&gt;Les Demoiselles d’Avignon&lt;/em&gt; ou Marguerite
Yourcenar dans &lt;em&gt;l’Oeuvre au noir&lt;/em&gt;. Le logiciel n’est pas un objet qui
entre dans la catégorie d’œuvre s’adressant à la personne humaine et ce qui est
considéré comme une œuvre protégeable est normalement quelque chose
d’intimement liée à l’auteur de l’œuvre. Le logiciel, comme d’autres objets
protégés au titre du droit d’auteur aujourd’hui, n’entre pas dans cette logique
traditionnelle du droit d’auteur car lorsqu’on protège un annuaire, on ne peut
pas dire qu’il existe un lien intime entre l’auteur et son œuvre. J’essaye ici
de rendre compte de la thèse traditionnelle. Dans le livre que je viens de
publier sur le Droit d’auteur, je défends plutôt la thèse contraire car je
pense que notre fonction n’est pas de rendre compte des rêves que nous avons
mais de rendre compte des réalités telles qu’elles sont, quitte à les modifier
par la suite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Mais finalement, n’a-t-on pas fait entrer le logiciel dans la
catégorie du droit d’auteur pour des raisons pratiques ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c’est essentiellement pour des raisons pratiques. Dans les années 70,
la plupart des gens des deux cotés de l’Atlantique qui parlent du logiciel, et
d’ailleurs parlent plutôt de programme à l’époque, envisagent sa brevetabilité
mais, tous, admettent que le logiciel sera très difficile à breveter. Il n’y a
pas un blocage idéologique mais pratique. Par conséquent, puisqu’on s’est fermé
la porte du brevet et qu’on veut malgré tout protéger, il ne reste que le droit
d’auteur. Cela dit, faire entrer le logiciel dans une telle catégorie est plus
facile dans un contexte de copyright, comme aux Etats-Unis, que dans un
contexte de droit d’auteur comme en France parce que l’appréhension de l’oeuvre
et la notion d’originalité ne sont pas les mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le logiciel libre sous-entend l’idée d’une communauté de
propriétaires, ce principe est-il de nature à remettre en cause la définition
de la propriété comme exclusivité ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait longtemps qu’il existe des régimes de copropriétés. Sur le
principe, il n’y a pas de difficulté. Nous pouvons être plusieurs à être
titulaires de droits en même temps. La difficulté tient plutôt au mode
d’élaboration des œuvres libres. On distingue l’oeuvre de collaboration à
plusieurs et l’oeuvre collective supposant qu’une personne dirige et répartisse
les rôles. Aucun de ces schémas ne correspond parfaitement au logiciel libre.
Face à cette difficulté, nous pouvons adopter, soit une attitude de rejet
consistant à dire que si l’objet n’entre dans aucune catégorie, ce dernier
n’existe pas (ce qui est absurde !), soit l’attitude consistant à dire qu’il
faut penser ces catégories de manière évolutive. Dans le cas du logiciel libre,
il s’agit bien d’une collaboration mais qui n’est pas de l’ordre de celle
définie par le Code de propriété intellectuelle. Il ne s’agit donc pas d’un
problème de principe mais plutôt, dans le cas du droit d’auteur, d’une
difficulté tenant au fait que &lt;strong&gt;le logiciel libre n’entre pas dans les
catégories énoncées par le Code&lt;/strong&gt;. Face à cette difficulté, il faut,
selon moi, travailler sur ce qui existe en tenant compte des réalités pratiques
et en pensant les catégories de manière évolutive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le logiciel libre est-il toujours porteur d’une idéologie
?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c’est de l’idéologie si le principe consiste à dire qu’il ne faut pas
jouer le jeu des logiciels propriétaires. Mais ce qui est intéressant, c’est
que le copyleft est un usage du copyright. Schématiquement, si je suis
propriétaire d’un jardin, je peux avoir une attitude classique de
fermeture : ce jardin est à moi et personne n’y entre. Je peux également
avoir une attitude totalement opposée et dire que ce jardin est à moi mais vous
y entrez quand bon vous semble et y faites ce que vous voulez. Enfin, il existe
un entre-deux, auquel appartient le logiciel libre, qui consiste à dire que
tout le monde peut profiter du jardin tout en respectant certaines règles. Tout
dépend de ce que nous entendons par le terme « idéologie » qui est
une notion très connotée. Si « idéologie » signifie « choix de
valeur », le logiciel libre est clairement idéologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Quelles seraient les perspectives entre des logiciels
propriétaires d’un côté et des logiciels libres de l’autre ? Comment va se
dessiner le marché (cohabitation, domination de l’un sur l’autre)
?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est clairement de la cohabitation. Finalement, le problème n’est pas tant
entre logiciels propriétaires d’un côté et logiciels libres de l’autre mais
vient plutôt de la coexistence des logiciels libres entre eux. Chaque licence
dit qu’on ne peut utiliser le logiciel qu’à condition qu’il soit sous la même
licence (on parle alors d’effet viral) sinon on se retrouve avec un objet
totalement inutilisable et le principal risque est d’arriver à un blocage. Deux
solutions existent : Il faut arriver à une sorte de standardisation avec
des modalités différentes ou alors transcender les catégories et donner une
définition du libre. Mais il y a beaucoup d’obstacles juridiques et notionnels
à cela. Au fond, si on pousse le paradoxe jusqu’au bout, il s’agit d’une
« &lt;strong&gt;liberté obligée&lt;/strong&gt; ». On vous oblige à être libre d’une
certaine manière. Ce qui a fait le succès du logiciel libre est l’idée de
liberté. Mais ce qui en fait toute la difficulté c’est justement que si c’est
du &lt;em&gt;copyleft&lt;/em&gt;, le « &lt;em&gt;left&lt;/em&gt; » est limité, tout n’est pas
libre. &lt;strong&gt;On peut donc arriver à quelque chose de très utile dans la
pratique mais juridiquement inutilisable !&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La dualité de vos fonctions de conseil et de recherche vous
mène-t-elle à une contradiction quant à votre conception du libre
?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non pas du tout. Avoir deux types d’activités permet d’avoir à la fois une
conception pratique et théorique de l’objet étudié. Cela ne remet pas en cause
ma vision du libre. Lorsque je fais du conseil, je suis rémunéré, mais cela ne
veut pas dire que je me bats pour n’importe quoi. C’est une question
d’éthique.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/04/30/Interview-de-Michel-Vivant-agrege-des-Facultes-de-Droit#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Interview de Philippe Laurent, avocat au barreau de Bruxelles et chercheur au CRID (Centre de Recherches Informatique et Droit)</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/04/19/Interview-de-Philippe-Laurent-avocat-au-barreau-de-Bruxelles-et-chercheur-au-CRID-Centre-de-Recherches-Informatique-et-Droit</link>
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    <pubDate>Sun, 19 Apr 2009 22:31:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>Intervenants</category>
        <category>conseil</category><category>contentieux</category><category>droit</category><category>droit d auteur</category><category>GPL v3</category><category>licences</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/.01005479_t.jpg&quot; alt=&quot;Philippe Laurent&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Philippe Laurent, oct. 2009&quot; /&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fundp.ac.be/universite/personnes/page_view/01005479/cv.html&quot;&gt;Philippe
Laurent&lt;/a&gt; est avocat au barreau de Bruxelles, chercheur au CRID (Centre de
Recherches Informatique et Droit) et co-auteur de &lt;a href=&quot;http://www.bruylant.be/st/fr/fiche.php?id=12381&amp;amp;PHPSESSID=ff403d276251533ef32ee5a012a1fcaa&quot;&gt;
Les logiciels libres face au droit (Bruylant, 2005)&lt;/a&gt;. Spécialisé en
propriété intellectuelle, les questions informatiques et tout particulièrement
les logiciels libres sont un objet privilégié de son activité de conseil et de
recherche.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien réalisé le lundi 12 avril 2009 par téléphone.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Quel niveau de compétences techniques en informatique un avocat
doit-il avoir pour traiter un dossier lié au logiciel ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de répondre autrement que par rapport à mon expérience
personnelle. Je n'ai pas de formation d'informaticien et n'ai pas eu besoin de
suivre de cours spécifiques pour comprendre et appréhender certains aspects
techniques des licences. En revanche j’entretiens un lien spécial avec les
ordinateurs dans la mesure où à 5 ans, je jouais déjà à space invaders sur les
premiers PC sans disque dur. J'ai suivi en tant qu’utilisateur attentif
l'évolution de l'informatique. Donc ma situation est celle de l'utilisateur
ayant développé une sensibilité spécifique vis-à-vis du fonctionnement
logiciel. Les juristes sont souvent rattachés aux sciences humaines dites
&amp;quot;inexactes&amp;quot; par opposition aux sciences exactes que sont les mathématiques et
l’informatique. Disons que je n'ai jamais eu d'aversion vis à vis des sciences
exactes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est grâce à un ami, travaillant dans un Linux Users Group (LUG), que je me
suis lancé dans l’étude du logiciel libre. Avant la rédaction de mon mémoire,
il me montra concrètement et en pratique ce que coder, compiler ou lier une
librairie étaient et impliquaient. &lt;ins&gt;Il est nécessaire de se faire sa propre
idée de la question, d'autant plus que les juristes ont tendance à se rattacher
à des définitions vulgarisatrices qui peuvent déjà exister et donc à se citer
eux-mêmes sans vraiment développer la question.&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En la matière, le juriste se doit d'avoir une grande ouverture d'esprit et
surtout ne pas avoir peur de reconnaître ses limites lorsqu'il se trouve face à
des informaticiens. Il peut être nécessaire d'en venir à une explication claire
et complète pour que le juriste comprenne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comment s'insère le logiciel libre dans les différentes
catégories pensées par le droit d'auteur (œuvre de collaboration, œuvre
dérivée, œuvre collective) ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit d'auteur existe et s'est internationalement développé depuis la
Convention de Berne de 1886. Même si c'est un droit jeune par rapport au droit
civil classique, beaucoup de gens ont pu le penser et le retravailler. Le droit
d'auteur est donc devenu une machine bien huilée, et fonctionnant relativement
bien. Lorsque les ordinateurs sont apparus, de nouvelles questions se sont
posées. Dans un premier temps, seul le hardware importait et le logiciel était
accessoire. Petit à petit, on s'est rendu compte que l'avenir reposerait
davantage sur les logiciels, car ce sont eux qui démultiplient les
fonctionnalités de la machine. Le développement s’est dès lors axé sur le
logiciel et à partir de là est apparue la volonté de protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Juridiquement l’alternative a donc été la suivante :&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Soit faire rentrer le logiciel dans un système de propriété intellectuelle
existant avec l'avantage de pouvoir profiter d'une système déjà bien en place,
harmonisé internationalement, et au fonctionnement connu.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Soit faire un droit &lt;em&gt;sui generis&lt;/em&gt; complètement nouveau, ce qui
permettrait de créer un logiciel sur mesure adaptéà ses spécificités.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Finalement il a été décidé de se reposer sur la Convention de Berne, en
estimant que l’écriture d’un logiciel était assimilable à la rédaction un
livre. Ainsi le logiciel est protégé comme une œuvre littéraire et
artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais après l’on s'est rendu compte des spécificités propres au logiciel, ce
qui a nécessité l'ajout de certaines dispositions spécifiques. Entre autres, on
a du créer des exceptions spécifiques, telles que les exceptions de
décompilation ou de copie de sauvegarde etc. Il a dès lors fallu dévier de la
propriété littéraire et artistique traditionnelle. On conclura donc que les
frictions qui peuvent exister entre le droit d'auteur et la technique
informatique existent déjà, sans que l'aspect &amp;quot;libre&amp;quot; ou non intervienne dans
l'équation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'esprit du logiciel libre, commençons par rappeler qu'il
existe depuis le début, puisque la logique de vente reposait avant tout sur la
machine et que le code source des premiers logiciels était aisément
accessible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Dans une logique restrictive le droit d'auteur fonctionne très
bien : rien n’est permis sauf ce qui est explicitement autorisé ;
cela n’est guère compliqué.&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les logiciels libres la logique a été d’autoriser beaucoup plus de
choses et il a donc fallu formaliser cela dans les contrats. On peut parler
d'une application subversive du droit d'auteur, dans la mesure où le droit
d'auteur est utilisé d'une façon pour laquelle il n'a pas été originairement
conçu. La règle était une interdiction assortie de quelques autorisations. Dans
le logiciel libre, c'est l'autorisation qui devient la règle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s’ajoutent certaines conditions liées à la technique informatique, et
qui s'expriment difficilement sous la forme &amp;quot;d'obligation contractuelle&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite vient la question épineuse de la définition des oeuvres dérivées,
certaines licences stipulant que celles-ci doivent être redistribuées sous la
même licence, sans qu'on sache vraiment à quoi on se réfère précisément. Ces
clauses dites &amp;quot;copyleft&amp;quot; ont toujours éveillé la crainte de certains
développeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Mais au final dans votre pratique d'avocat, vous êtes beaucoup
plus confronté à la problématique du respect scrupuleux des termes des licences
que de l'application du droit d'auteur ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exact. La majeure partie du travail consiste à comprendre les intentions des
rédacteurs de ces licences. Le problème est que le langage et les catégories
utilisées dans le monde informatique ne correspondent en rien à celles du monde
juridique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comment se répartit votre activité entre conseil et contentieux
?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'à présent, je ne peux pas dire avoir fait du &amp;quot;contentieux&amp;quot; relatif à
l'application des licences. Le contentieux dans le domaine est en fait
extrêmement restreint. En 10 ans, cela représente quelques affaires en
Allemagne, l'une ou l'autre en France, dont la procédure &amp;quot;Freebox&amp;quot; qui est
actuellement en cours. Il y a aussi quelques décisions européennes (aux
Pays-Bas et en Espagne entre autres) relatives à l'application des licences
&lt;em&gt;Creative Commons&lt;/em&gt;. Finalement, les décisions relatives aux licences
libres se comptent sur les doigts de la main en Europe depuis que le mouvement
existe. L'activité principale est donc le conseil en matière de respect des
termes des licences. Après il y a le contentieux des brevets, mais cela touche
une autre catégorie de propriété intellectuelle et touche la question plus
vaste de la brevetabilité des logiciels qui fait débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Face à quel genre de problématiques juridiques êtes vous
confronté ? Est-ce le non respect de licences ou la constitution d’objets
juridiques inexploitables ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s’agit des deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple d'un chef d’entreprise dont la société développe un logiciel et
qui souhaite l'exploiter en format &amp;quot;propriétaire&amp;quot; tout en ayant intégré
certaines &amp;quot;briques&amp;quot; libres. Il veut donc savoir si il peut le faire et comment.
La première opération à effectuer est un inventaire complet de toutes les
briques, des liens entre les codes, de la provenance des sources, des licences
et de l'identité des auteurs. Si ce sont des licences connues, leur nom est
suffisant. Si ce sont des licences un peu exotiques, il faut se faire
communiquer le texte intégral de la licence pour l'analyser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vient l’analyse de cet ensemble au terme de laquelle il est possible de
dire si le logiciel est commercialisable en l'état, ou s'l y a lieu de
redistribuer tout ou une partie du code sous licence libre. Et si la
redistribution sous licence libre n'est pas une solution envisageable, sont
étudiés le retrait de certains morceaux, leur remplacement ou recodification
pour que le logiciel demeure propriétaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple : un client ayant un logiciel déjà entièrement
développé en propriétaire, mais qui désire inclure une fonctionnalité déjà
disponible sous licence libre et qui l'intéresse fortement. Celui-ci remarque
que la société pratique le dual licensing et qu'il est possible d'obtenir une
version &amp;quot;payante&amp;quot; et &amp;quot;intégrable&amp;quot; dans une solution propriétaire. Le choix
entre achat de la version propriétaire ou libre va avoir des implications sur
la possibilité de redistribuer tout ou partie du logiciel sous forme
propriétaire Il s'agira dans ce cas d'analyser ces implications, et
accessoirement d'analyser également la licence &amp;quot;propriétaire&amp;quot; alternativement
offerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces problématiques sont souvent liées à la complexité des licences, leurs
problèmes d'incompatibilité, l'étendue de l'effet copyleft de certaines, et
leur interprétation faite par les juristes ou par la communauté. Ce sont des
questions légitimes et sérieuses, car finalement, l'investissement principal
s’opère dans le code, et certaines sociétés craignent d’en perdre le
contrôle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comment l'avocat est-il perçu par la communauté du libre ?
Par exemple lorsque vous présentez juridiquement la GPL v3 lors de colloques,
comment êtes vous perçus ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai ressenti plusieurs étapes. Au CRID nous étions les premiers à nous
intéresser à la question en Belgique. Nous avions fait un premier séminaire
début 2004 : « les logiciels libres face au droit ». C'était la
nouveauté, personne en Belgique, dans le monde juridique, ne parlait de
logiciels libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la conférence, il y avait soit des juristes curieux, soit des
informaticiens ancrés depuis longtemps dans le milieu du libre. Au final les
informaticiens étaient très au courant et voyaient les juristes d'un mauvais
oeil. Ils avaient en effet parfois tendance à prendre nos analyses et exposés
comme une remise en cause de leur mouvement et de ses bases homogènes. Se
rajoutait aussi le sentiment que nous étions des parasites : le juriste
venant toujours faire de l'argent sur la créativité des autres. Mais en
l'occurrence nous avions un nouvel objet juridique et théorique à analyser.
Cependant ce conflit s'est très vite estompé : informaticiens et juristes
ont besoin l'un de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;La seconde étape a été la prise en compte du véritable business qui se
développait autour du libre et donc de la nécessité de sécurité
juridique&lt;/ins&gt;. Les communautés s'investissent beaucoup dans les logiciels, ce
qui attire les grosses sociétés. Mais celles-ci ne peuvent pas se baser
uniquement sur la parole ou les pratiques des communautés, elles ont besoin de
contrats juridiques valides et prêtant le moins possible à interprétation. Il a
donc fallu faire appel aux juristes pour sécuriser et solidifier tout ce
système de licences et établir de bonnes pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, je pense que le dialogue est bien installé et l'on voit des
communautés où juristes et informaticiens échangent leurs connaissances
respectives pour perfectionner les systèmes et les pratiques associées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Est-ce qu’il y a des vraies synergies qui sont créées entre
juristes et informaticiens ? On voit par exemple que la version 3 de la
GNU GPL a été pensée pour que d’autres licences soient compatibles avec
elle.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les informaticiens étaient déjà bien au courant des problèmes de
comptabilité, même avant que les juristes ne commencent à s’y intéresser. Cela
fait plusieurs années qu'ont émergé des mouvements pour éviter la prolifération
de licences. A côté de cela, il y a aussi des mouvements qui essayent de
solutionner les problèmes de compatibilité. Ecrire une nouvelle licence est mal
vu car cela s'accompagne d'une présomption de contribution à la prolifération.
Pour barrer ces critiques, il convient d’avoir des arguments sérieux. Une fois
passée cette étape, vient le problème de la comptabilité et de la possibilité
de mélange des codes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En la matière, la GPL v3 a été rédigée pour répondre à certains problèmes de
compatibilité assez malheureux. Par exemple la licence &lt;strong&gt;Apache
2&lt;/strong&gt;, bien que non copyleft et réutilisable dans les logiciels
propriétaires, n’était pas compatible avec la &lt;strong&gt;GPL v2&lt;/strong&gt; pour
certaines clauses accessoires. Pour résoudre cette situation facheuse, la
&lt;strong&gt;GPL v3&lt;/strong&gt; a été assouplie afin de pouvoir intégrer pareilles
clauses accessoires. Par contre, dans l’autre sens, la GPL v3 conserve son
copyleft fort, et le système &amp;quot;GPL&amp;quot; se présente un peu comme une sorte
d’entonnoir, le but étant que tout converge vers la GPL v3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A côté de ça il y a certaines autres initiatives qui sont intéressantes. La
première était la licence française &lt;strong&gt;CeCILL&lt;/strong&gt; dont le but était
de traduire et adapter la GPL v2 au droit français, et donc garantir une plus
grande sécurité juridique dans un droit déterminé. Mais pour garantir son
utilisation et la possibilité de réutilisation du code avec du code GPL, une
clause de compatibilité a été incluse afin d'autoriser explicitement la
redistribution sous GPL. C’était vraiment un premier pas vers l’ouverture à la
compatibilité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a même été plus loin avec l’&lt;strong&gt;EUPL&lt;/strong&gt;, la licence de
l’Union Européenne sur laquelle le CRID a travaillé. Cette licence était
souhaitée par la Commission à la fois pour distribuer des logiciels qu'elle
développe sous licence libre, tout en respectant certaines obligations liées à
sa qualité et fonction, telles que la traduction de la licence dans les langes
de l'Union Européenne etla sécurité par rapport au droit européen. Le choix
entre rédiger une nouvelle licence ou en utiliser une préexistante s’était
posé. Au bout du compte, la décision fut prise d’en créer une nouvelle, entre
autres car une licence ne peut se traduire et s'adapter qu'avec l'autorisation
de son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’EUPL contient une clause de comptabilité énumérative avec certaines
licences, dont la GPL v2. De toute évidence c’est une bonne chose, car ces
logiciels sous EUPL ne serviront pas que pour un usage interne à la Commission
et son administration. J’aime beaucoup cet esprit, car si l'auteur met sa
licence en avant pour des raisons propres, il fait également preuve d'une
grande ouverture d'esprit en permettant qu'au final et à certaines conditions,
que le code soit utilisé sous d’autres licences copyleft. Peut être que des
solutions alternatives existent, mais pour l’instant les clauses de
compatibilité sont le meilleur moyen qui fut trouvé afin de concilier les
différents intérêts en présence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pourriez vous-nous en dire un peu plus sur l’initiative &lt;a href=&quot;http://www.cetic.be/article741.html&quot;&gt;CELLaVI&lt;/a&gt; pour la région
wallonne ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/./.cellavi_s.jpg&quot; alt=&quot;cellavi.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;cellavi.jpg, avr 2009&quot; /&gt;Il s'agit
d'un projet local. Des financements pour l’innovation et le développement de la
région wallonne étaient mis à disposition des projets innovateurs et
intéressants. Le CETIC, un centre de recherche en matière des technologies
de l’information, s'est associé à plusieurs partenaires dont le CRID afin de
déposer un projet visant au développement des entreprises dont l'activité
touche aux logiciels libres en région wallonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est de créer un véritable centre de compétence en matière de
logiciels libres. Il y aura aussi une forge, une plateforme, le tout dirigé
vers l’industrie du logiciel libre basée en Wallonie. La tâche du CRID est
d’apporter une aide et un support juridique : définir le mouvement libre
en termes juridiques, présenter les licences, produire certains documents
informatifs et éventuellement organiser certaines conférences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout état de cause, il s’agit d’aller vers l’industrie, saisir leurs
interrogations et les sensibiliser sur certaines questions, dont les questions
juridiques. Cette sensibilisation n’est pas encore assez développée et il y a
encore pas mal de monde qui ignore ce qu’est le logiciel libre ou qui n’a pas
conscience de tous ses effets et conséquences. Il s’agit donc de créer un
centre d’expertise complet : aussi bien technique, juridique,
qu’économique. La vocation est de devenir le centre d'expertise wallon en terme
de logiciel libre. C'est encore assez local, mais à l'avenir il sera
intéressant de se lier à d'autres centres.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/04/19/Interview-de-Philippe-Laurent-avocat-au-barreau-de-Bruxelles-et-chercheur-au-CRID-Centre-de-Recherches-Informatique-et-Droit#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Interview de Bruno Anatrella, juriste, Cabinet Pierrat</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/03/28/Bruno-Anatrella-avocat</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4c7599bb08d09ffa9d4dce22a24910df</guid>
    <pubDate>Fri, 10 Apr 2009 12:47:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>Intervenants</category>
        <category>brevet</category><category>droit</category><category>droit d auteur</category><category>philosophie</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Entretien réalisé le 10 mars 2009 au Cabinet
Pierrat&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/./.Bruno_ANATRELLA_s.jpg&quot; alt=&quot;Bruno Anatrella Cabinet Pierrat&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Bruno Anatrella Cabinet Pierrat, avr 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Bruno Anatrella&lt;/strong&gt;, juriste depuis près de 8 ans au sein
du &lt;a href=&quot;http://www.cabinet-pierrat.com&quot;&gt;Cabinet Pierrat (Avocats au Barreau
de Paris)&lt;/a&gt;, s'est spécialisé sur les problématiques liées au droit de la
propriété intellectuelle (droit d'auteur, droits voisins du droit d'auteur), de
la communication (droit à l'image, droit de la presse), de l'internet et des
NTIC, tant dans le domaine du conseil (rédaction et négociation de contrats,
évaluation des risques juridiques et judiciaires avant la diffusion de
photographies, de vidéo ou de contenus rédactionnels) que du contentieux. Il
intervient régulièrement dans le cadre de formations universitaires et
professionnelles et est également Secrétaire Général de l'association
Cyberlex.*&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://cyberlex.org&quot;&gt;Cyberlex&lt;/a&gt; est une association du Droit
et des Nouvelles Technologies. Elle a pour ambition de faire comprendre et
maîtriser les aspects juridiques et techniques du Multimédia et de l'Internet.
Sa spécificité est de regrouper à la fois des techniciens, des juristes, des
avocats, des professionnels du marché et des technologies numériques. Depuis
plus de 10 ans, CYBERLEX est un lieu d'échanges et de débats où chacun
s'exprime sur les orientations législatives, les affaires judiciaires, les
positions des acteurs, les incidences des innovations technologiques sur
l'économie et le droit.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Depuis 2011, Bruno Anatrella est avocat associé au sein du &lt;a href=&quot;http://bags-avocats.com/&quot;&gt;Cabinet BAGS Avocats&lt;/a&gt; et est également Président
de Cyberlex.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;    &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Quelle définition donneriez-vous du logiciel libre
?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le logiciel libre est une création qui est libre d'utilisation, de
modification et de diffusion. Il s’agit d’un renversement de la logique de
protection du droit d’auteur tel qu’il est apparu au siècle des Lumières. En
principe, le monopole d’exploitation sur son œuvre, conféré à l'auteur en
France, est fait pour que celui-ci puisse autoriser ou interdire son
utilisation et éventuellement négocier une contrepartie financière lui
permettant de continuer à créer pour la société. Avec le logiciel libre, on
renverse la tendance ; le « droit d'interdire » de l'auteur est
remplacé en quelque sorte par un « devoir d'autoriser ». Néanmoins,
« libre » ne signifie pas que l’utilisateur peut faire ce qu’il veut.
Il doit se conformer aux conditions d’utilisation spécifiques au domaine du
« libre » qui se retrouvent dans les multiples licences qui peuvent
exister et auxquelles l’auteur a choisi de soumettre son œuvre. Le mouvement
dit de Copyleft (fondé par Richard Stallman) a été critiqué voire incompris à
sa naissance. Néanmoins, force est de constater qu’aujourd’hui, le mécanisme du
logiciel libre fonctionne. Mozilla comprenant le navigateur Firefox ainsi
qu’Avast en en est une illustration parmi d'autres. Il y a fort à parier que
peu de personnes savent que ce sont des logiciels libres. La qualité des
produits associée aux échanges sur les « forums » suffisent à ce
qu’ils soient utilisés de plus en plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Mais pourtant, la licence GNU/GPL en étant virale entraîne un
monopole des licences libres à terme ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on ne peut faire ce qu’on veut avec un logiciel libre qui n’est ni
« libre de droit » ni du « domaine public ». Le logiciel
« libre », même si la logique est renversée, bénéficie de la protection du
droit de la propriété intellectuelle, d’où l’existence de licences. Néanmoins,
la philosophie du « libre » et de ces licences impose des libertés
fondamentales : la liberté d'utiliser le logiciel sans restriction, la
liberté d'étudier le fonctionnement du logiciel et de l'adapter à ses besoins,
la liberté de redistribuer des copies du logiciel, la liberté d'améliorer le
logiciel et de distribuer les versions modifiées. Si l’auteur choisit de
soumettre son œuvre à la philosophie du « libre », il doit respecter ces
libertés. Ces libertés fondamentales, piliers du « libre », visent à
empêcher la création d’un monopole d’exploitation sur un logiciel, tout en
protégeant ce dernier contre de « mauvaises utilisations ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Dans la pratique de juriste en Cabinet d’Avocats, se
confronte-t-on à ses licences de libre ? Le logiciel libre renvoie-t-il à
un contrat type ou bien à un nombre de licences considérable ? N'est-ce
pas avant tout de la liberté contractuelle qui fonde tout ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contentieux en matière de licence de logiciel libre semble être assez
faible tant en France qu’à l’étranger. Contrairement à ce que l’on peut penser,
il n’existe pas qu’une licence mais de multiples ; la rédaction est libre
du moment que l’on respecte les libertés fondamentales du « libre ». Bien
entendu, la plus connue est la GPL (General Public Licence). La logique du
logiciel libre a été d’ailleurs déclinée à tout type d’œuvres, notamment par la
création des six licences Creative Commons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comment concevoir cette intégration philosophique dans un cadre
juridique ? Comment ces licences s'intègrent-elles dans le droit français
?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces licences sont des contrats qui permettent de conférer des droits aux
utilisateurs. Cela ne serait-il pas au détriment de l’auteur ? C'est la
critique principale qui est formulée même si « libre », contrairement à ce
que l’on peut penser, ne veut pas systématiquement dire « gratuit »
et sans contrepartie financière pour l’auteur. Par ailleurs, l’auteur qui
soumet son œuvre à ces licences adhère à la logique du « libre ». Ceci lui
permet également de diffuser son œuvre et ainsi de se faire connaître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pour le grand public le logiciel libre reste encore une
curiosité. Qu'est ce qui a pu motiver son succès ? A plus forte raison
qu'il y a une incertitude sur l'insertion juridique de ces licences dans le
droit français.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indiscutablement c'est le prix modéré des logiciels libres (par rapport aux
logiciels classiques) voire leur gratuité. Les conditions générales de vente ou
d’utilisation sont d’ailleurs rarement lues. Alors qu’il conviendrait de rester
vigilant envers les clauses abusives, notamment, les clauses limitatives de
responsabilité (la Commission des clauses abusives du 7 avril 1995 s'était
d’ailleurs prononcé sur la non validité des exclusions de garantie). Il faut
garder en mémoire les articles L.121-16 et L.121-18 du Code de la consommation,
ainsi que la définition des clauses abusives à l'article L.132-1 de ce même
Code :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;Dans les contrats conclus entre professionnels et non-professionnels ou
consommateurs, sont abusives les clauses qui ont pour objet ou pour effet de
créer, au détriment du non-professionnel ou du consommateur, un déséquilibre
significatif entre les droits et obligations des parties au contrat.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il conviendrait également de rester vigilent sur les clauses de cession de
droit et avoir à l’esprit l'article L.131-3 du Code de la Propriété
Intellectuelle :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;La transmission des droits de l'auteur est subordonnée à la condition
que chacun des droits cédés fasse l'objet d'une mention distincte dans l'acte
de cession et que le domaine d'exploitation des droits cédés soit délimité
quant à son étendue et à sa destination, quant au lieu et quant à la
durée.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les licences Creative Commons semblent être plus précises que les licences
GNU/GPL sur ce point.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Parlons du créateur du logiciel. Est-il un auteur comme les
autres ? Pourquoi le créateur est protégé par le droit d'auteur
?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le créateur d’un logiciel en France est protégé par le droit de la propriété
littéraire et artistique (plus précisément le droit d’auteur comme tout auteur
d’une œuvre de l’esprit) et non par le droit de la propriété industrielle (plus
précisément le brevet, comme cela est le cas aux Etats-Unis, en qualifiant le
logiciel d’invention). La possibilité pour un créateur de logiciel d’avoir
recours au droit d’auteur s’explique tout d’abord par des choix de politique
économique ; le dépôt d’un brevet étant coûteux, l’Europe a préféré faire
bénéficier au créateur de logiciel, la protection du droit d’auteur. Ensuite
viennent les raisons purement juridiques : le brevet est une solution
technique à un problème technique. On considère que le logiciel seul n'entre
pas dans ce cadre, même si sa création requiert de la technicité. Puis il y a
le critère de nouveauté, le logiciel en est-il réellement une ? Il s'agit
de programmes qui se superposent à chaque fois. La dernière condition est
d'avoir une nouveauté immatérielle et pas matérielle. Pour toutes ces raisons,
il était préférable de ne pas avoir breveté le logiciel en Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Donc quelle différence faites-vous entre l'auteur littéraire et
artistique et de logiciel ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même si le régime du droit d’auteur des logiciels est similaires à celui des
autres œuvres, il existe néanmoins une sorte de droit sui generis pour ce type
de création.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Et les éditeurs dans tout cela, n'est ce pas avant tout eux que
l'on cherche à protéger par les mécanismes juridiques ? Le logiciel libre
n'est-il pas avant tout la remise en cause de ce rapport vertical
auteur/éditeur ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le droit sui generis attaché aux logiciels dans le Code de
la Propriété Intellectuelle est assez favorable aux éditeurs, ne serait-ce que
les termes de l’article L. 113-9, très favorables à l’employeur d’un créateur
salarié de logiciels :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Sauf dispositions statutaires ou stipulations contraires, les droits
patrimoniaux sur les logiciels et leur documentation créés par un ou plusieurs
employés dans l'exercice de leurs fonctions ou d'après les instructions de leur
employeur sont dévolus à l'employeur qui est seul habilité à les exercer.''&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le « libre » pourrait être une réponse à ce droit sui generis qui
est venu modifié notre droit d’auteur « classique ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Revenons au logiciel libre, les deux modèles libres et
propriétaires peuvent-ils cohabiter ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la cohabitation de logiciels copyright et de logiciels copyleft est
parfaitement envisageable, contrairement à ce qu’on aurait pu penser il y a 20
ans, à l’aube du « libre ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Peut-on utiliser le logiciel libre sans faire de l'idéologie
?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que le succès de Firefox ne traduit pas une adhésion systématique
des utilisateurs à l’idéologie du « libre ». Aux yeux des utilisateurs, le
logiciel est de qualité et peu onéreux et cela leur suffit.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/03/28/Bruno-Anatrella-avocat#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Interview de François Elie, Président de l'ADULLACT</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/04/04/Interview-de-Francois-Elie</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:09d508604a03b54521fb837b5fabef0f</guid>
    <pubDate>Tue, 07 Apr 2009 19:47:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>Intervenants</category>
        <category>administration</category><category>ADULLACT</category><category>collectivités locales</category><category>décentralisation</category><category>mutualisation</category><category>philosophie</category><category>économie</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/./.3_s.jpg&quot; alt=&quot;Francois Elie 1&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Francois Elie 1, avr 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;François Elie est Président de l'Association des développeurs et
utilisateurs de logiciels libres pour les administrations et les collectivités
territoriales (&lt;a href=&quot;http://www.adullact.org/&quot;&gt;ADULLACT&lt;/a&gt;), fondée en
2002. Son but est de favoriser l'action des administrations publiques et des
collectivités locales pour développer, mutualiser et maintenir un patrimoine
commun de logiciels libres métiers. Agrégé de philosophie, conseiller municipal
d'Angoulême et informaticien de longue date, il est récemment l'auteur
d'&lt;a href=&quot;http://www.eyrolles.com/Informatique/Livre/economie-du-logiciel-libre-9782212124637&quot;&gt;Économie
du logiciel libre&lt;/a&gt; (Eyrolles, 2009). Le livre, riche en formalisations et
concepts imaginatifs, dispose également d'un &lt;a href=&quot;http://www.economiedulogiciellibre.org/&quot;&gt;blog&lt;/a&gt; et est aussi disponible en
&lt;a href=&quot;http://izibook.eyrolles.com/9782212124637&quot;&gt;version
électronique&lt;/a&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Entretien réalisé au Salon Solutions Linux le Jeudi 2 avril 2009
à 13h30.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;1) Quel est l’argument principal qui conduit les collectivités
publiques à passer au libre ? N'y a-t-il pas avant tout un effet d'aubaine
qui provient de l'assimilation abusive entre libre et gratuit d’une part, et la
tendance à la restriction budgétaire d’autre part ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que l'assimilation libre et gratuit demeure dans les têtes,
mais les collectivités publiques se rendent très vite compte que ce n'est pas
le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Il y a un faisceau de raisons favorisant le passage au libre
:&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Des raisons éthiques. Par exemple les hommes politiques s'en prévalent.
Mais par la suite ils vont peiner à expliquer cela à leur directeur
informatique qui a des raisons techniques et fonctionnelles en tête.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Des raisons techniques et de sécurité. Cela touche les gens formés à Unix
qui savent que Linux est un retour libre d'Unix. Le frein est que les élus se
méfient de l'association gratuité et sécurité.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Associer le libre et la gratuité conduit à sous estimer le phénomène ou à le
marginaliser, et à le réduire à une niche. Cela fait bien longtemps que le
libre et l'Open Source n'en sont plus là. De 1995 à 2000 les études des
cabinets portaient sur leur existence et la curiosité suscitée. De 2000 à 2005
les études mettaient en avant le bon fonctionnement dans certaines niches.
Depuis 2006 les études disent que le libre sera partout. La question n'est plus
faut-il y aller, mais plutôt comment fait-on ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;2) Une collectivité adhère-t-elle globalement au libre ou cela
se fait-il logiciel par logiciel, cela prend-il du temps, quels sont les délais
?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Il convient de distinguer 2 couches :&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le discours politique qui peut se rattacher à l'économie ou à l'utilisation
de l'argent public. Selon la couleur politique tel ou tel aspect du libre sera
mis en avant. Ainsi les libéraux parleront de concurrence ou d'économie des
deniers publics, les souverainistes mettront en avant la sécurité ou
l'indépendance nationale tandis que les libertaires parleront d'un changement
de paradigme économique et les étatistes rêveront d'une agence nationale du
logiciel en libre.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Puis vient la mise en place. Malheureusement le libre est un formidable
moyen de communication. Ainsi l'écart entre la parole et l’action peut être
conséquent.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ensuite quelles sont les étapes ? Tout d'abord on ne peut pas décider
de passer au libre ; cela est impossible : hormis le poste de travail
d'un amateur, personne ne peut réellement passer au libre. Il n'est possible
d'utiliser que des logiciels qui existent en licence libre. Or tout n'existe
pas en libre, tant s'en faut, en particulier dans les logiciels métier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;3) Oui mais alors comment s'effectue la migration
?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Pour comprendre cela il faut distinguer 3 types d'informatiques
:&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le socle de base, l'architecture réseau. Historiquement ce socle est déjà
libre et a servi à bâtir l'Internet. De fait ne pas utiliser du libre pour les
serveurs web ou de fichiers relève presque de la faute professionnelle. Après
cela, il est possible de discuter si l'on prend la base de donnée Oracle ou
PostGreSQL. Toujours est-il que le développement de ce socle est le fruit du
travail des informaticiens entre eux. Ils se sont dit qu'il était inutile de
réinventer la roue à chaque fois, dans un état d'esprit qui ressemble à celui
des mathématiciens.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;La deuxième couche pour les collectivités est tout ce qui est
générique : par exemple la bureautique standard. On a de la chance qu’elle
existe : la direction de Sun voulait attaquer Microsoft sur son terrain et
a donc permis OpenOffice. Ce logiciel est dépourvu de modèle économique, à tel
point que Sun a récemment appelé IBM au secours pour aider à son développement.
Cependant une collectivité peut basculer. L'exemple type c'est la gendarmerie,
représentant 70000 postes, qui a migré en deux temps : d'abord avec
Firefox, Thunderbird, OpenOffice et ensuite avec Ubuntu. Ils peuvent le faire
car la seule application métier qu’ils utilisent est greffée sur Open Office et
sert à rédiger les PV.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Pour ce qui est de la troisième couche c’est plus compliqué. Dans une
Mairie, il y a 250 métiers qui donnent lieu à des applications spécifiques et
des interactions entre elles. Un décès va impacter la gestion du cimetière, la
relation avec le crématorium, l'état civil etc. Des entreprises
philanthropiques développant des logiciels métiers gratuitement n'existent pas.
Le seul moyen est donc de développer ces logiciels sur des fonds publics en les
mutualisant.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;4) Le mot clé de l'ADULLACT est la mutualisation. Quelles
parties du processus sont concernées par ce mouvement : est ce juste pour
les appels d'offres de marchés publics ou des synergies sont-elles crées par la
suite ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout il faut définir ce mot qui est un néologisme. Il provient du
monde de l'assurance et veut dire se mettre ensemble pour prévenir un danger.
Il s’agit donc de la mutualisation des risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi ce n'est pas nécessairement moins cher, mais c'est simplement faire
primer une logique de solidarité à une autre plus individuelle et exclusive. Le
libre a la particularité de n’être rentable qu’à moyen et long terme. Ainsi la
justification du gain économique immédiat ne vaut pas. L'équation n'est pas
simple, car se prémunir contre un risque coûte, mais à terme réduire le risque
rapporte beaucoup. Il n'y a que les inconscients qui ne le voient pas.
D'ailleurs les gens souhaitant faire des économies à court terme, et sans se
compliquer la vie, vont vers des solutions métier propriétaires. En faisant
cela, seuls, ils prennent le risque qu'un jour cela leur coûte très cher.
 &lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Ce que l'ADULLACT essaye de faire est de mutualiser à tous les niveaux,
l'idéal étant de le faire le plus tôt et le plus longtemps possible. Pour ce
faire l'ADULLACT a des groupes de travail qui vont spécifier les développements
adéquats et les besoins en faisant participer les corps de métiers. Par exemple
il est question de développer un logiciel de gestion des archives numériques à
valeur probante et cela se fait au sein d'un collectif regroupant les
bibliothécaires, les archivistes et même les Archives de France. Il s'agit donc
de concevoir par ce biais le logiciel sans faire appel à des éditeurs
développant des logiciels propriétaires onéreux. A ce stade il n'y a pas de
budget, il ne s'agit que de réunions au sein de l'association, de membres qui
cherchent leur indépendance.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Après il y a un second niveau qui est de mutualiser l'effort de
développement. Cela peut se faire en modularisant l'application : chacun
en développe une partie en interne selon ses capacités ou en achetant le module
pour le reverser au collectif. Cela suppose d'avoir bien prédéfini
l'architecture et les connections. L'autre possibilité est de passer un appel
d'offre groupé : plusieurs régions portent un projet, mais c'est difficile
politiquement. Chacun doit comprendre qu’il ne peut pas en tirer un profit
politique exclusif en terme de communication.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le troisième stade est la gestion commune du destin du projet. C'est bien
plus complexe et nous n'en sommes qu'aux débuts. Pour l’heure, un
administrateur de projet est bénévole ; il anime une communauté et se sent
valorisé ainsi. Cela ne fonctionne que sur des logiciels qui ne sont pas
vraiment des logiciels métiers. Par exemple le logiciel Acube, développé par le
Ministère des Affaires Etrangères, repris par les autres ministères, est un
projet considérable. La personne chargée de la répartition des patches et de la
gestion de la communauté n'est pas un mangeur de pizzas ; ce serait
impossible. Il s'agit d'un métier et il faut payer cette personne. Cela veut
dire mutualiser l'effort de maintenance du code. Surtout maintenir le code en
libre ne consiste pas à l'entretenir, cela consiste à arbitrer. Le projet en
lui-même ne nécessite donc pas de financement spécifique, il y a des marchés
pour cela. Les clients intelligents demandent à leurs prestataires de reverser
les améliorations dans la communauté et ils sont plusieurs à la faire. Ainsi on
en revient à l'arbitrage et c'est éminemment complexe.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le projet Agora, une plate-forme basée sur SPIP, avait mis cela en relief
dans le but de développer les plates-formes d'information du gouvernement. L'on
s'est vite rendu compte que des prestataires souhaitaient faire payer la même
chose à des grands comptes différents. J'avais lancé l'idée que &amp;quot;l'argent
public ne doit payer qu'une fois&amp;quot;... Certains ont compris ce que je voulais
dire. Même en libre, il y a des gens qui veulent faire payer les développement
plusieurs fois. La vraie mutualisation est donc la gestion des contributions et
leur administration. Entre autres, l'ADULLACT essaye d'expliquer aux
collectivités qu'il faut recruter ce type de profils sachant arbitrer et gérer
ces problématiques. On est donc loin de l'administrateur amateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;5) Peut-on effectuer un lien entre décentralisation et diffusion
du libre ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est à la fois très compliquée et intéressante. Il y a quelques
années de cela j'avais proposé comme titre de conférence : &amp;quot;vers la
décentralisation électronique&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait l'on aurait pu imaginer un Etat centralisé qui accélère le passage
au libre ; le Maroc en est un exemple. Ils s'aperçoivent que les
compétences techniques sont inégalement réparties sur le territoire et donc
qu'il faut décentraliser des services, mais en même temps en centraliser
certaines pour permettre finalement à l'informatique d’aller jusqu'au village.
Un des moyens de faire cela est le libre. A ma connaissance, le Vietnam n'est
pas vraiment le type d'état décentralisé, et pourtant il passe au libre avec un
plan ambitieux et rapide. De même, le Brésil ne repose pas sur une logique de
&lt;em&gt;bottom up&lt;/em&gt;, mais plutôt de &lt;em&gt;top down&lt;/em&gt; : le ministre décide
et le reste suit. Dans ces cas il peut y avoir des freins si l'Etat n'est pas
dans le sens du libre. On peut donc penser que les changements s'opèrent plus
vite lorsqu'il sont impulsés d'en haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le véritable changement vers le libre vient d'en bas. Concernant la
décentralisation en France, elle peut être un frein de même qu’un accélérateur.
Le véritable accélérateur est la prise de conscience par des gens de même
niveau de leurs besoins communs. La décentralisation a pour avantage de placer
ces gens en situation critique avec des budgets serrés : ce manque de
moyens pour les collectivités bénéficie au libre. Car lorsqu'on est pauvre, on
a tendance à essayer d'être intelligent. En revanche le frein est que chaque
collectivité est tentée un moment d'agir seule, d'autant plus que le libre est
un formidable moyen de communiquer. Certaines collectivités sont des
&lt;em&gt;sleepingpartners&lt;/em&gt; ; je ne les critique pas car elles nous
permettent de vivre et communiquent. Mais elles sont contre-productives en
disant ce qu'elles ne font pas et en agissant seules. Typiquement cela veut
dire qu'une collectivité mutualise pour les autres verticalement : la
région pour le département, le département pour les villes. Mais la seule
mutualisation qui vaille est celle des égaux ; elle est donc horizontale,
mais elle est rare. D'ailleurs j'avais un jour titré une de mes
conférences : &lt;strong&gt;« Mutualisons Ensemble »&lt;/strong&gt;. C'est
une tautologie, mais elle illustre le problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;6) Qu’est ce qui favorise l’innovation ? Est-ce l’ouverture
des codes ou des capitaux massifs derrière des logiques
propriétaires ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Il convient de distinguer 2 innovations très différentes :&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Une innovation d'adhésion de l'utilisateur. Elle demande beaucoup
d'observation, du marketing et de l'argent. La prochaine innovation massive
dans l'informatique viendra de Microsoft, et non du libre. L’illustration en
est la table sur laquelle on fait passer les documents dans le dernier James
Bond. C'est cher, excessivement séduisant et intelligent. D’ailleurs séduire
veut dire conduire à soi. Une telle innovation a de la valeur pour les capitaux
qu'elle va permettre de drainer ; elle va donc se vendre. Le parallèle
avec le téléphone portable est à ce titre intéressant. En restant au fixe on
aurait eu les mêmes services pour trente fois moins cher, simplement la rente
liée à l'innovation s'est reportée sur le portable. En remettant les vrais prix
sur le fixe, on a la démonstration que le téléphone portable est un produit
d'appel servant à capter l’innovation.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Si l'on regarde le logiciel libre c'est un type d'innovation qui est très
différent : c’est une accumulation de petits ajouts qui permettent de
faire mieux fonctionner le tout. C'est à la fois plus stable, plus durable et
moins cher. Par contre cela ne se voit pas toujours et c'est moins gadget.
Ubuntu, en revanche, va essayer de jouer sur les deux tableaux avec le côté
très technique d'un Unix libre, c'est à dire une structure de plusieurs petites
fonctions qui font très bien une chose. On a d'un côté une petite application
qui fait 2000 lignes de code et à côté un manuel qui fait 10 fois la taille du
code. C'est très innovant, mais ce n'est pas sexy du tout. Par dessus Ubuntu
essaye de mettre la couche de cosmétique permettant de séduire le public en
surface.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc distinguer ces deux branches au sein de la nouveauté. Soit
l'innovation qui draine les capitaux. Soit ce qui tranche avec le passé et qui
permet de faire la même chose tout en se simplifiant la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;7) Où se situera le point d'équilibre à l'avenir entre libre et
propriétaire ? Coexistence, maintien résiduel...?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Il existe quatre positions :&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Quelques uns disent que l'on va tuer le libre avec les brevets. En 1999 le
rapport Halloween expliquait que le libre allait gagner techniquement, mais que
juridiquement il était possible de le stopper. Ainsi avec les brevets, le libre
est mort, de même que l'informatique et la civilisation du savoir ouvert. Ce
que la philosophie avait ouvert il y a 25 siècles se refermera ; et l'on
retournerait ainsi à Pythagore vendant ses théorèmes. C'est une piste possible,
mais elle génèrerait un chaos trop important. On commence à s’apercevoir que
des entreprises aussi puissantes que Google peuvent potentiellement faire
basculer le système dans le chaos. D’ailleurs Jacques Attali les appelle
« cirques ». Ce sont des puissances qui surclassent les
multinationales. Cela peut arriver, mais est peu probable.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;D'autres pensent qu'il y aura une cohabitation. Il restera toujours des
clients pas assez intelligents ou nombreux pour se mutualiser, ou qui
mutualisent au « vrai prix » via la licence (c'est peut-être le cas
pour des application scientifiques très pointues, paraît-il). Cela peut donc
demeurer sur certaines niches.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Une autre position consiste à dire que sur des niches très précises, il n'y
aura pas de place pour la mutualisation, cela revient à la position
précédente : il y aura un partage du marché. Les applications métiers
resteront « visqueuses », et pilotées par les prestataires.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Je pense au contraire que le libre va tout emporter, que c'est un tsunami
très puissant. C'est ce que j'essaye de démontrer dans Economie du Logiciel
Libre. La confirmation de cette hypothèse me vient du développement formidable
du village présent sur ce salon ; il a considérablement changé et ne
ressemblait pas à cela il y a deux ans.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le tsunami commence par une petite secousse au fond de l'eau, par contre la
vague finit par tout emporter et elle emportera aussi ses acteurs historiques.
Cela importe peu : les premiers résistants étaient peu nombreux à défiler
sur les Champs Elysées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;8) Vous êtes agrégé de philosophie. Les logiciels libres
intéressent-ils le philosophe que vous êtes, notamment par rapport à la
propriété ? Comment êtes vous venu au libre ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une question que l'on ne me pose pas souvent, mais j'aime bien y
répondre. Si l'on regarde du côté de la philosophie, ma formation est davantage
à l'anglo-saxonne : mathématiques et philosophie des sciences. J'ai fait
mes études à La Sorbonne au moment où Jacques Bouveresse revenait de Suisse et
où il ouvrait une maîtrise de logique. Il avait fallu que mes parents me
confisquent ma calculatrice programmable pour que j'ai mon bac. Et j'ai
toujours fait depuis de l'informatique, plusieurs heures par jour, j'ai vu
naître le web, LAMP, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Par contre deux choses ont fait que le professeur de philosophie, qui
enseignait aussi l'informatique dans les lycées, a basculé dans un autre
univers :&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le premier choc&lt;/strong&gt; a été d'arriver, par hasard, comme élu à
Angoulême aux élections en 2001. Un jour, le chef de cabinet découvre qu'à mes
moments perdus je suis amateur de libre et le journal de campagne se retrouve
avec une double page titrée « Angoulême pour le logiciel libre ».
Cela m'a conduit l'année suivante à faire distribuer 26000 CD de logiciels
libres avec le journal municipal l’année suivante. C'était la première fois que
cela se faisait, alors que je pensais que c'était courant. Et puis des gens
sont venus me voir. Et nous avons créé l'ADULLACT. A partir de là j’ai
découvert un monde que peu de gens avaient compris. Par conviction, je suis un
fonctionnaire soucieux de l'utilisation de l'argent public. Petit à petit je me
rends compte, en me penchant sur la question, que les collectivités achètent
toutes la même chose, alors que ce sont des choses simples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le second choc&lt;/strong&gt; était survenu lorsque mon ami Michel Bondaz,
professeur de technologie, m'avait offert le livre de Denis Guedj,
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le Théorème du Perroquet&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. Ce livre formidable m'a
permis de comprendre le parallèle entre la libération de l'informatique et
celle des mathématiques. Pour expliquer ma démarche et celle du libre j'en
reviens toujours à « il y a 25 siècles Pythagore vendait ses
théorèmes ». Il n’y a aucun besoin d’en expliquer davantage, immédiatement
les gens comprennent sans en venir aux quatre libertés. De ce point de vue,
Richard Stallman n'a rien inventé, car ce sont les quatre libertés des
mathématiques. Ayant cet épisode historique en tête, je ne suis pas inquiet. Je
sais ce qui va se passer, j'ai vu la petite plaque au fond de l'eau bouger,
maintenant j'attends la vague. Tranquillement le tsunami arrive. L'informatique
va se libérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;9) Pourriez vous nous dire en quelques mots ce qu’est l’&lt;a href=&quot;http://www.eyrolles.com/Informatique/Livre/economie-du-logiciel-libre-9782212124637&quot;&gt;Économie
du logiciel libre&lt;/a&gt; (et donc votre livre) ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Le livre essaye de dire 3 choses :&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/./.12463_Elie_large_s.jpg&quot; alt=&quot;Economie du logiciel libre Elie&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Economie du logiciel libre Elie, avr 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'abord expliquer les 3 étapes de l'économie du libre :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Celle de se faire plaisir en modifiant le code et en le diffusant.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Puis, faire de l'argent en faisant des économies de R&amp;amp;D avant d'aller
tondre les clients ensemble : c'est de l'Open Source qui consiste à vendre
des applications qui ont le goût et la saveur du libre, tout en ayant le prix
du propriétaire.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;La troisième couche concerne les clients qui ont un intérêt à faire des
économies réelles. Ils ne veulent pas juste être les sponsors du libre, mais
également en profiter en retour. Les acteurs publics sont les premiers à s'en
apercevoir, mais les autres arrivent.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le livre devait initialement s'appeler métastabilité et diachronie ;
c'était moins vendeur. De ce titre originel, il reste le schéma de la
métastabilité qui est un type d'évolution à travers le temps. Le logiciel libre
n’est pas une économie alternative ; c'est une économie normale,
simplement elle ressemble à l'économie des mathématiques, mais cela arrive
beaucoup plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La deuxième chose&lt;/strong&gt; est d'expliquer la complexité des modèles
et les conflits qui existent au sein de la communauté du libre. Chacun veut
être propriétaire de son libre, ce qui rend ce monde très compliqué. On peut
l'expliquer en voyant les tensions et les évolutions entre ces intérêts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La troisième chose&lt;/strong&gt;, qui se trouve à la fin du livre, est
l’hypothèse que ce combat est peut être déjà perdu. Nous sommes encore quelques
uns à avoir l'idée saugrenue de vouloir modifier les logiciels, mais bientôt
les ordinateurs seront comme des micro-ondes ; on ne se demandera même
plus pourquoi ils tournent ou quel est leur contenu, leur logiciel. On fera du
&lt;em&gt;software as a service&lt;/em&gt; (SAS), du &lt;em&gt;cloudcomputing&lt;/em&gt; et ce sera
naturel ; l'idée de maîtriser tout cela ne viendra plus à l'esprit. Ce
n'est donc plus une question de logiciel ou de format, c'est une question de
données publiques. Face à cette disparition du logiciel il y a peu de
contre-mesures. Cela nécessiterait de reconstituer l'internet entièrement sur
le peer to peer. Au lieu de cela émergent des machines qui sont des Minitel
2.0. C'est du débit descendant pur. Or le but de l'internet est de pouvoir être
serveur et client à la fois, (comme Brel le dit beau et con à la fois). Or l’on
voudrait faire de nous des clients exclusifs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;C'est aussi un combat culturel entre deux visions de l'informatique
:&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le gros serveur centralisé, protégé par un administrateur musclé&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le serveur qui répond aux requêtes ; on lui demande deux bières et il
les apporte sur un plateau. Ce n'est pas grand chose, mais en terme
d'imagination les gens sont préparés à cette première alternative, à ce Minitel
2.0. Pour lutter contre cela enseigner l'informatique dans les lycées est une
urgence. Pour apprendre qu'un serveur est un petit programme qui tourne en
tâche de fond dans un ordinateur...&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;10) Justement pour contrer cela le libre n'a-t-il pas un effort
supplémentaire d'image à faire, de développement de sa communication ?
Après tout il est légitime que les gens soient attachées à des interfaces, des
symboles ou des systèmes simples ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;En fait trois efforts convergent en termes de communication :&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le combat des associations sur les aspects éthiques et politiques. Cela
permet de se rendre sympathiques certaines personnes qui étaient insensibles à
cette cause.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le second axe de conviction est le travail de cosmétique. Il faut que le
libre se préoccupe enfin sérieusement de l'utilisateur. Ce dernier est un peu
seul derrière sa machine, alors certes il y a les forums et l'entraide. Cela
n'en reste pas moins compliqué et encore plus sans internet. Apple a justement
construit son image sur l'utilisateur qui ne se prend pas pour un informaticien
et qui en est fier. Il faut revenir à de la modestie et faire de la
cosmétique.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Il y a une troisième brèche sur laquelle je me bats beaucoup, à savoir le
développement d'images, de vocabulaire et d'idées fortes. Il s'agit de parler
autrement voire d'autre chose dans le discours et cela porte ses fruits. Par
exemple « l'argent public ne doit payer qu'une fois » ou « un
logiciel libre est gratuit une fois qu'il est payé ». Ce sont des formules
qui marquent les esprits et qui font leur chemin. Le langage est l'expression
d'un pouvoir, c'est donc important.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/04/04/Interview-de-Francois-Elie#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Philippe Montarges, « La crise, accélérateur de la mutation du modèle économique du Logiciel Libre »</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/04/01/Philippe-Montarges-La-crise-accelerateur-de-la-mutation-du-modele-economique-du-Logiciel-Libre</link>
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    <pubDate>Wed, 01 Apr 2009 22:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>Comptes rendus</category>
        <category>concurrence</category><category>crise</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Au Salon Solutions Linux, le 31 mars 2009 à 10h.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/./.Solutions_Linux_1_s.jpg&quot; alt=&quot;Solutions Linux 31/03 1&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Solutions Linux 31/03 1, mar 2009&quot; /&gt; A l’occasion du Salon Solutions Linux se
tenant à Paris, Porte de Versailles, du 31 mars au 2 avril 2009, Philippe
Montarges a donné une conférence sur le thème : «La crise, accélérateur de
la mutation du modèle économique du Logiciel Libre». C’est donc en tant
qu’acteur engagé du marché que le coprésident et fondateur d’&lt;a href=&quot;http://www.alterway.fr/&quot;&gt;Alter Way&lt;/a&gt; a donné une illustration des risques et
des opportunités que représentait la crise économique pour le développement et
la transformation du modèle économique du logiciel libre.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise difficile à ignorer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier constat est que la crise économique ne devrait pas épargner les
technologies de l’information et de la communication (TIC). Pour 2009 les
dépenses informatiques ne devraient croître que de 2% au lieu des 6%
initialement prévus. En matière de logiciels et de services la croissance
devrait être nulle ou faiblement positive. Néanmoins l’impact devrait être plus
faible que les crises de 1993/1994 et surtout que la crise de 2001/2003 qui
était véritablement liée à une crise systémique du domaine des nouvelles
technologies. La crise de 2009 n’est donc pas liée aux TIC, ce qui laisse
Philippe Montarges penser que cela peut favoriser des solutions alternatives et
in fine une sortie de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet une étude publiée par IDC en mars 2009 montre que 72% des décideurs
interrogés envisagent ou ont envisagé la possibilité d’investir dans des plates
formes Linux. Avec d’autres exemples il est apparu que le marché envoyait des
signes forts en faveur du libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’exacerbation de la concurrence en période de crise : une
opportunité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgré ces indicateurs positifs, la crise n’en signifie pas moins une
diminution de la richesse globale et de la croissance ; ainsi la
concurrence n’en devient que plus féroce. A ce titre le choix entre logiciel
libre et propriétaire est davantage mis en balance. A plus forte raison que les
baisses de budgets, les reports et les pratiques de cost killing vont
s’accentuer. Une étude est venue démontrer que le coût était un argument plus
déterminant dans le choix que ne pouvait l’être le souci d’indépendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Néanmoins l’exacerbation de la concurrence n’est pas nécessairement
dépourvue de menaces pour le libre : les questions traditionnelles se
posent toujours dans des cas de migration ; la présence des compétences
pour gérer une telle opération en interne étant l’obstacle le plus fréquemment
opposé. A cela s’ajoute le défaut de visibilité du libre par rapport à la
structure de prix qui n’inclut pas que le prix du logiciel, mais aussi les
services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la crise met un coup de projecteur sur le secteur, il y a un risque à ce
qu'elle ne procure qu'un avantage conjoncturel et non structurel. Pour éviter
cela Philippe Montarges identifie 3 leviers d’action possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les enjeux pour 2009 et 3 évolutions fortes à opérer pour le secteur
du libre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;La consolidation :&lt;/ins&gt; tout d’abord il va falloir que les acteurs
professionnels du libre se montrent capable de répondre à l’afflux de demandes
et de projets qui vont être générés par les conséquences de la crise.
L’organisation et la crédibilité doivent se caractériser en termes de taille de
l’entreprise, d’expertise et de pérennité. En outre se pose fondamentalement la
question de la taille critique suffisante : le libre en France en 2008 ne
représente que 800 millions de chiffre d’affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Le savoir-faire et l’accompagnement :&lt;/ins&gt; en plus de la stabilisation
et du changement économique s’ajoute la mutation culturelle. Il s’agit
principalement de passer d’une culture de savoir faire technique qui a fait ses
preuves, à une autre de réponse aux projets portés par les Directeurs de
Services Informatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;La capacité à s’investir :&lt;/ins&gt; enfin il y a un enjeu fondamental pour
le libre qui est celui de la conservation de l’innovation. On pourrait craindre
des phénomènes de désengagement ou de repropriétarisation. Il est vital pour
les acteurs du libre d’assumer leurs choix et cela passe par l’investissement
dans les communautés et dans les axes d’innovation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors dans ces conditions la balance pourrait pencher du côté du libre, mais
il est essentiel de penser à l’après crise. Pour conclure, Philippe Montarges a
particulièrement insisté sur le fait que l’association fallacieuse entre Open
Source et bas coût était dangereuse et néfaste pour l’avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Compte-rendu par Philippe Marchiset&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/04/01/Philippe-Montarges-La-crise-accelerateur-de-la-mutation-du-modele-economique-du-Logiciel-Libre#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Conférence de Richard Stallman à Nanterre le 27 février 2009</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/03/28/Compte-rendu-de-la-conference-de-Richard-Stallman-a-Nanterre-le-27-fevrier-2009</link>
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    <pubDate>Sat, 28 Mar 2009 21:50:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>Comptes rendus</category>
        <category>HADOPI</category><category>histoire</category><category>philosophie</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://logiciel.debat-libre.fr/public/./.stallman_nanterre_s.jpg&quot; alt=&quot;Richard Stallman à Nanterre le 27 février 09&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Richard Stallman à Nanterre le 27 février 09, mar 2009&quot; /&gt;&lt;em&gt;Le 27 février
2009, à Nanterre, était organisée, par &lt;a href=&quot;http://www.laquadrature.net&quot;&gt;La
Quadrature du Net&lt;/a&gt; et le réseau des acteurs du multimédia public de
Nanterre, une conférence de Richard Stallman sur le thème : &amp;quot;Libertés
numériques et droit d'auteur : comment ce dernier doit être assoupli&amp;quot;.
Devant une salle d'une centaine de personnes, l'initiateur du mouvement des
logiciels libres a rappelé deux heures durant l'importance du combat en faveur
des libertés numériques. Cet événement prenait place alors que le projet de loi
HADOPI est en discussion à l'Assemblée Nationale. L'apport principal de cet
arsenal législatif est la mise en place d'une nouvelle autorité administrative
indépendante chargée de surveiller les infractions faites au droit d'auteur sur
la toile. Au coeur du dispositif se trouve la riposte graduée. Cependant
Richard Stallman, sans faire l'exégèse du texte, a tenu à rappeler l'importance
du combat contre &amp;quot;les menottes numériques&amp;quot; et par là-même son propre combat
dans le domaine des logiciels, tout en se montrant friand de parallèles
historiques.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le logiciel libre : illustration du combat contre les &amp;quot;menottes
numériques&amp;quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme a des allures de patriarche, l'aube en moins. En lieu et place de
cette dernière s'est substituée une chemise rouge, contrastant avec sa barbe
grise et ses cheveux bruns. Vingt minutes avant de prendre la parole, on peut
encore l'apercevoir dans un coin devant son ordinateur, agrippant ses cheveux.
Il est à première vue difficile de suspecter que ce brillant informaticien est
à l'origine d'un bouleversement économique, politique et juridique
considérable. En effet, le logiciel libre, dont il est le concepteur juridique,
remet en cause le monopole et la rente des éditeurs de logiciels, promeut un
nouveau modèle économique décentralisé, et surtout transforme les fondements de
la propriété intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'entrée de jeu, Richard Stallman a vertement critiqué le projet de loi
qualifiant le gouvernement français &amp;quot;d'occupation&amp;quot; et uniquement influencé par
les grandes entreprises du secteur. L'invective principale du début de la
conférence après une introduction par l'équipe de la Quadrature du Net a été,
quoi qu'il arrive, de ne pas changer ses habitudes d'utilisation et &amp;quot;de ne pas
avoir peur d'être déconnecté&amp;quot;. En somme Richard Stallman s'est hissé en
promoteur de la désobéissance civile, persuadé de la justice et de la justesse
de sa cause. Il a en effet tenu à rappeler brièvement son combat pour
l'enracinement et la sauvegarde des libertés fondamentales en matière de
logiciel. Selon ce modèle les quatre libertés du logiciel garanties par la
licence GNU/GPL doivent servir de matrice à la qualification des biens et à
leur appropriabilité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Histoire et utilités&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la question du logiciel était loin d'être centrale et avait plutôt
valeur d'exemple. Le fond du discours a été de mettre en avant le lien
ancestral qu'il y entre l'affirmation du droit d'auteur et la diffusion des
copies. En effet le monde antique et médiéval, caractérisé par un système
decentralisé de copie manuscrite, ne connaissait pas le droit d'auteur ;
bien que la censure fut présente. Puis l'imprimerie, avec les économies
d'échelle qu'elle a entraîné sur certains tirages réguliers, a permis de
développer un système centralisé et coûteux, mais efficace. C'est à partir de
là que le droit d'auteur s'est développé en tant que réglementation
industrielle imposée sur les éditeurs. Il est intéressant de noter que Richard
Stallman ne s'est pas dit opposé au droit d'auteur du temps d'un système
centralisé tel l'imprimerie où seuls les éditeurs avaient les moyens et le
savoir faire technique. De l'autre côté les lecteurs n'étaient pas privés de
droits ou de libertés pour reprendre le cheval de bataille de Stallman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce parallèle historique était d'autant plus intéressant qu'en aucun cas &amp;quot;les
avancées techniques ne peuvent changer les principes éthiques qui sont plus
profonds&amp;quot;. Finalement il a semblé que ce n'était pas tant la technique qui
devait guider le droit, mais d'avantage l'organisation économique centralisée
ou décentralisée. Puisque le logiciel peut se développer sur une base
décentralisée et se diffuser par l'internet ; il y a au moins une égale
efficacité des systèmes centralisés et décentralisés. Le critère pertinent pour
l'appropriation des biens doit donc avant tout être les utilités et
l'efficacité permises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Typologie des oeuvres : le critère fonctionnel avant
tout&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de son long exposé Richard Stallman a proposé différentes mesures,
dont certaines semblaient moins abouties que d'autres. Par exemple en matière
de droit d'auteur il a proposé de réduire sa durée à dix ans. Cela a suscité la
curiosité de la salle alors même que l'incertitude concernant les effets d'une
telle mesure est soulevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout la typologie de classement des oeuvres de l'esprit qui a
retenu une attention toute particulière. Il ne s'agirait plus de classer les
oeuvres et leurs protections assorties en fonction de leur nature, de leur
valeur ou de leur nouveauté, mais tout simplement selon leur fonctionnalité. En
somme une oeuvre qui a une utilité fonctionnelle ne doit pas être protégé par
le droit et sa circulation doit être libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette catégorie des oeuvres fonctionnelles, entreraient le logiciel,
les recettes de cuisine et les polices de caractère par exemple. Leur finalité
est de faciliter ou de permettre le travail ; il y a donc lieu d'en
faciliter l'amélioration selon les besoins et cela passe par un système
décentralisé proche du copyleft : liberté de modification et de
redistribution. Dans cette logique, la diffusion des copies exactes comme
modifiées doit être permise. Le développement de la communauté du libre
servirait pour Stallman à valider cette hypothèse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde catégorie englobe les oeuvres de témoignage et d'opinion pour
lesquelles les versions modifiées présentent peu d'intérêt. Il s'agit d'une
contribution d'une autre nature à la société et un système réduit de droit
d'auteur est à prévoir. Si la commercialisation est possible, il ne faut pas
perdre de vue l'essence de cette philosophie : &amp;quot;partager est bon&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin pour les oeuvres d'arts et de divertissement, Richard Stallman s'est
montré plus circonspect. Mais quoiqu'il en soit il ressort que la technique
doit pouvoir permettre de favoriser un meilleur système de rémunération des
artistes, biaisé par l'industrie. Richard Stallman confessait d'ailleurs avoir
honte d'acheter des CD, car il savait que seule une infime partie revenait à
l'artiste. Si il y a bien une chose sur lesquelles industries et partisans du
libre sont d'accord c'est que la technique doit permettre d'améliorer
l'organisation du système ; le reste est une question de politique et de
finalités visées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Compte-rendu de Philippe Marchiset&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/03/28/Compte-rendu-de-la-conference-de-Richard-Stallman-a-Nanterre-le-27-fevrier-2009#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Richard Stallman, libéral authentique</title>
    <link>http://logiciel.debat-libre.fr/post/2009/03/28/Richard-Stallman-liberal-authentique</link>
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    <pubDate>Sat, 28 Mar 2009 21:48:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Debat Libre</dc:creator>
        <category>En savoir plus</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le logiciel libre en exemple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard Stallman a commencé son combat contre les logiciels privateurs il y
a 25 ans de cela. A l'époque il était chercheur au Massachusetts Institute of
Technology (MIT) et faisait face au refus de se voir communiquer le code source
d'une application servant à piloter une nouvelle imprimante. Jadis dans
l'informatique, la valeur ajoutée provenait du hardware, c'est à dire des
composantes matérielles, de la machine. Le software, les applications, ne
faisaient pas l'objet de restrictions ; elles circulaient entre
chercheurs, professionnels et universitaires. Chacun avait la possibilité de
les exécuter, de les modifier et de les redistribuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps à la fin des années 70 avec l'Apple II et durant les années 80
avec le PC et le Macintosh, l'informatique est devenue grand public. Le génie
de Bill Gates a anticipé que la richesse dans l'informatique ne proviendrait
plus du hard, mais du soft et cela au détriment d'IBM. Pour opérer ce
renversement de paradigme et cette démocratisation, le code source, qui est à
la base du logiciel a dû être fermé. Pour le grand public ne sachant programmer
il a fallu se résoudre à payer les logiciels, constituant une manne
considérable pour les compagnies éditrices de logiciels. Cela a changé
radicalement lorsqu'avec le développement de l'Internet dans les années 1990,
les communautés de logiciels libres et leurs développeurs ont pu toucher une
audience mondiale. A ce stade-ci l'alternative du logiciel libre aux logiciels
propriétaires est devenue crédible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le génie de Stallman n'a donc pas constitué à revenir en arrière, mais
plutôt de mobiliser le droit pour forger sa philosophie dans une licence
logicielle : la GNU/GPL. La licence est le contrat type par lequel un
utilisateur accepte les conditions d'utilisation d'un logiciel. L'auteur d'un
logiciel a le choix d'établir les termes dans lesquels son logiciel est
distribué. Pour les logiciels privateurs ou propriétaires - encore que les
appellations soient sujettes à contestation - l'utilisateur ne peut que
l'exécuter. Mais pour Stallman le logiciel doit être libre, car inappropriable.
De ce fait un logiciel est réellement libre pour Richard Stallman si :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;il est possible de l'exécuter, liberté de niveau 0&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;il est possible d'étudier son code source, liberté de niveau 1&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;il est possible de le modifier, liberté de niveau 2&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;il est possible de redistribuer une copie du logiciel modifié, liberté de
niveau 3&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces quatre degrés de libertés définissent le copyleft et sont les éléments
essentiels de la licence logicielle GNU/GPL. Cependant &amp;quot;libre&amp;quot; ne signifie pas
gratuit, un logiciel distribué sous licence GNU/GPL peut être distribué de
façon payante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une déconstruction du droit d'auteur et une redéfinition de
l'appropriable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi définie la licence GNU/GPL a des effets fulgurants. D'une part elle
garantit que le logiciel distribué sous licence GNU ne pourra jamais être privé
d'une des 4 libertés : le code source sera toujours ouvert. D'autre part
tout autre logiciel intégrant une partie de code source sous licence GNU/GPL
devient automatiquement sous licence GNU/GPL : la licence est dite virale.
Des compagnies ont intégré par le passé des fragments ou des sous-ensemble sous
licence GNU/GPL sans respecter ses termes. La conséquence a été de se retrouver
devant les tribunaux pour non respect des termes du contrat et les défendeurs
du logiciels GNU/GPL ont à chaque fois eu gain de cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention il ne faut pas se méprendre cela ne signifie pas que logiciel n'a
pas de propriétaire ou qu'il n'est pas soumis au droit d'auteur. Ces deux-là
coexistent ; simplement les auteurs successifs renoncent à l'exercice des
prérogatives qui y sont attachées, et doivent en tout état de cause respecter
la licence. De la même façon que Microsoft, Apple ou les autres, la licence
GNU/GPL repose sur le droit d'auteur, la propriété et la liberté contractuelle.
Les effets et les buts politiques et économiques recherchés sont justes
différents. Ainsi avec le modèle de la licence GNU/GPL, on a l'émergence d'un
modèle de propriété non exclusive ou collective. De la même façon que
l'encyclopédie Wikipedia où les auteurs de l'article sont l'ensemble des
personnes ayant contribué, les auteurs d'un logiciel sous licence GNU/GPL sont
l'ensemble des contributeurs. A la différence près que le savoir suppose une
structuration des connaissances, alors qu'un logiciel est objectivement mieux
du fait d'une contribution et cela tout utilisateur peut l'apprécier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique guidant la licence GNU/GPL est simple: le logiciel a une utilité
fonctionnelle et ne peut donc pas être ni approprié, ni son code source fermé.
Cette grille de lecture, selon le caractère fonctionnel ou non, est ce qui
devrait selon Richard Stallman déterminer la possibilité de protéger
juridiquement une chose ou un bien. Derrière ce raisonnement c'est la liberté
qu'il entend défendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Libertaire ou libéral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut donc pas croire que ce qui est défendu est un modèle de liberté
sans propriété ; en effet la propriété ne disparaît pas du système,
simplement son acception est modifiée pour les objets fonctionnels dont le
logiciel fait partie. Pour le reste la propriété individuelle demeure. Le
véritable combat entrepris par Richard Stallman, par delà les logiciels libres,
est de restreindre considérablement le champ de l'appropriable que ce soit par
les brevets, le copyright ou le droit d'auteur. En faisant cela il se heurte
directement à tous les industriels qui bénéficient de ces protections
juridiques pour commercialiser des biens et des services sur le marché.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus inquiétant pour les géants du software informatique, le mouvement
exponentiel du logiciel libre a pour effet une remise en cause profonde du
monopole dont bénéficient la plupart des compagnies. En outre c'est une remise
en cause sans précédent de leur rente. Ainsi plus qu'un libertaire, il y a lieu
de supposer que derrière ses aspects de gourou hippie, Richard Stallman est un
véritable libéral classique pur et dur : il utilise le droit pour proposer
une alternative aux monopoles. En somme il a fait plus que n'importe quelle
autorité de régulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La véritable question est de savoir comment ces deux lobbys, structurés de
façons radicalement différente et aux poids économiques inverses, vont arriver
à générer un droit conciliant les intérêts des deux parties. D'une part une
compagnie comme Microsoft ne publie pas que des logiciels privatifs et effectue
de la recherche, et d'autre part logiciel libre ne signifie pas gratuité. Il y
aurait donc la place pour une coexistence des deux modèles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Mais deux questions se posent :&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;jusqu'à quand cela peut-il durer ? En acceptant officiellement la
brevetabilité des logiciels, en plus de la pratique actuelle des Offices des
brevets, le paradigme se trouverait bouleversé, puisque cela introduirait un
régime bien plus strict de protection des oeuvres logicielles. La tentation est
grande pour les lobbys industriels de parvenir à cadenasser le mouvement du
libre par ce biais là. C'est ce que Richard Stallman entend dénoncer en parlant
de &amp;quot;menottes numériques&amp;quot;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;cela est-il viable ? L'offre du libre devient de plus en plus crédible
et le plus souvent gratuite. Tôt ou tard va se poser la question d'un
changement de modèle pour les industries&lt;a href=&quot;http://livresanciens.eu&quot;&gt;.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;PM&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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